09 novembre 2007
TRAVERSEE DE L'ARGENTINE.
Après une semaine de repos à Valpo occupée à l’organisation des expositions photographiques de fin d’année et ponctuée de sympathiques soirées. C’est fatigués que nous repartons sur les routes à la conquête du sud brésilien. Nous sommes à présent quatre à défier les frontières et à respirer le bon air du voyage. C’est en compagnie de Polo et Fabiola que nous entamons la traversée de l’Argentine pour rallier la frontière brésilienne à Paso de los Libres. Descendant d’un bus pour remonter dans une voiture, squattant une gare de bus ou tendant le pouce au bord d’une route, les paysages verdoyant se succèdent. Ce n’est qu’à cent cinquante kilomètres seulement de la frontière que le voyage va se compliquer quelque peu après six jours sans problème.
Deux personnes se sont succédées pour nous conduire de Santa Fe à une station essence perdue au nord de Concordia. Nous tendons une nouvelle fois le pouce persuadés que la chance est encore avec nous et que nous pouvons atteindre la frontière avant la nuit. Mais ce n’est que au bout d’une heure qu’un camion s’arrête. Il ne peut conduire que deux personnes et nous sommes contraint de nous séparer. Nous montons donc avec ce camionneur au visage peu sympathique et à la conversation difficile. Trois heures de trajet austère et il nous dépose dans une station service à quinze kilomètres de Paso de los Libres. La malchance nous joue son premier tour, il fait nuit noire, nous sommes au bord d’une route fréquentée par de nombreux camions passant à toute vitesse et il nous reste seulement trois pesos soit même pas un seul euros. Pris au piège, notre seule solution est de monter avec cet homme soi-disant taximan sans aucun doute cocaïnoman. L'homme, maigre et pâle, s'installe au volant de sa voiture fatiguée. Agité, il parle vite, nous racontant sa vie misérable. La mort de sa fille qui s'est pendue le lundi précédent ne supportant plus les coups de son mari. Balançant sa tête d'avant en arrière, les yeux rougis par la fatigue, il fume une cigarette rapidement. Nous traversons des quartiers délabrés jonchés de détritus et de carcasses de voitures. Nous commencons à nous demander s'il va bien nous conduire dans le centre. Il nous conduira malgré tout dans le centre où il nous dépose à la place Independencia, lieu où nous devons retrouver Polo et Fabiola.
14 novembre 2007
L'AVENTURE FRONTALIERE ARGENTINO-BRESILIENNE.
Polo et Fabiola, qui ont passé la nuit dans un camion, sont directement aller à Urugaiana. Nous evons donc nous rejoindre au Brésil, cinq kilomètres plus loin, de l'autre côté du pont qui enjambe le rio Uruguay, frontière naturelle entre les deux pays.
Nous partons vers cinq heures trente pour être au rendez-vous à sept heure sur la place centrale d'Urugaiana. Il y a une heure de plus au Brésil ce qu'il nous fait trente minutes pour faire cinq kilomètres, facile. Nous prenons le bus et rapidement nous traversons le pont qui nous sépare du Brésil. Au premier barrage frontalier, une femme douanière regarde nos passeports et nous laisse passer. De l'autre côté, nous pensons nous arrêter plus longtemps pour le tampon-visa. Mais à notre grande stupeur, le bus poursuit sans même s'arrêter. Nous sommes donc entrés au Brésil mais nos papiers ne sont pas à jour. Quelques peu inquiets de cette situation nous descendons au premier arrêt et sans perdre de temps nous repartons en direction du pont et de la douane. Après un long quart d'heure de marche avec nos sacs, nous atteignons le poste frontière. Nous demandons le fameux tampon mais la dame nous dit gentiment que cela se fait de l'autre côté du pont. Pestant de rage contre la première douannière du bus et le chauffeur et surtout contre nous-même, nous voilà repartis vers l'Argentine, à pied cette fois! Longue traversée du pont au milieu duquel nous croisons un panneau indiquant qu'il est interdit aux piétons et aux vélos. Tant pis on poursuit. Nous atteignons l'autre rive en nage où nous expliquons notre situation. On nous dirige vers le premier bureau d'immigration où nous réglons la sortie d'Argentine puis un second pour l'entrée au Brésil et le fameux visa. Les bâtiments des douanes sont généralement des endroits austères avec des gens en uniforme au regard sombre, soupçonneux, bénéficiant d'un pouvoir pour nous injuste: contrôler le passage d'une frontière, ligne imaginaire de séparation. Du mur aux barbelets, des fleuves contrôlés par l'armée aux terrains minés, ici se ressent l'appartenance à une zone délimitée, l'appropriation de la terre. Ici se ressent l'inégalité, la différence qui fait que toi tu ne passeras pas, toi peut-être après une fouille minutieuse et toi oui. Ici se ressent l'imbécilité des hommes qui organisent des raisons de conflits. Une planète entière divisée pour autant de guerre!
Bon je m'écarte. Toute ces réflexions de dégout inspirer par le seul visage fermé et hostile d'une douanière méprisante. Elle se déplace lentement pour atteindre la fiche d'immigration qu'elle nous tend sans un mot. Pas bonjour, ça commence bien. Une fois remplies, nous lui donnons fiches et passeports. Elle feuillette avec langeur voire fainéantise le premier passeport puis se déplace difficilement jusqu'au téléphone qui sonne. Elle revient avec autant de difficulté, nous dévisagenat d'un air sinistre de derrière ses lunettes. Elle finit par prendre une fiche et pianoter sur son ordinateur. Au bout de quelques minutes, elle relève le nez vers nous et nous assène une phrase en portuguais. Bien évidement nous ne parlons pas cette langue et nous nous interrogeons sur sa requête. Nous voyant dubitatifs, elle hausse le ton et nous reproche dans un très mauvais espagnol de vouloir entrer dans un pays sans parler sa langue. Nous sommes stupéfait devant l'antipathie de cette femme. Elle va finir laborieusement par nous enrregistrer, tout d'abord pour un mois et ensuite pour trois. Heureusement nous étions attentifs. Nous quittons ce bureau en maudissant l'administration.
L’aventure de la douane n’était malheureusement pas terminée, après l’administration douanière c’est à la police que nous nous frottons. Il est 19heures et il n’y a plus de bus. Le taxi nous demande quinze pesos, c’est trop, nous l’avons fait dans un sens nous voilà reparti dans l’autre, malgré les interdictions. Nous avançons donc une nouvelle fois sur ce pont de malheur. Après quelques centaines de mètres seulement, une sirène stridente surgit de derrière nous, nous faisant sursauter. Une voiture de police nous dépasse rapidement, les gyrophares bleus se détachant sur la lumière crépusculaire. La voiture double un camion et le stoppe en se garant devant lui. Nous hésitons, c’est pour le camion ou pas ? Deux douaniers sortent en courant de la voiture qui repart et se dirigent vers nous l’air furieux. Un troisième arrive à pied de derrière. On est fait comme des rats ! Le plus vieux arrive en hurlant en espagnol. Affolé je ne comprends pas ce qu’il me dit et essaye de me justifier. IL coupe court à mes explications mi-affolées, mi-amusées devant un tel déploiement de force pour deux malheureux touristes traversant un pont à pied. Il croit que je me moque de lui et hausse encore le ton en pointant son doigt de l’autre côté du pont. Nous sommes donc contraint de rebrousser chemin, escortés par trois douaniers peu amènes. Nous marchons en silence quand au bout de quelques dizaines de mètres l’un des deux jeunes me demande d’où nous venons. De France. Et il me réplique sur un ton méchant qu’il ne sait pas comment cela se passe en France mais qu’ici en Argentine on respecte la loi. Je réprime un sourire en pensant à Sarkozy chez nous et m’excuse en disant que nous allons finalement prendre le taxi hors de prix. Nous aurons tout tenté sans succès mais nous aurons quand même évités la prison ! Ciao Argentine, bonjour Brésil !
Nous débarquons donc au Brésil de nuit, dans une ville inconnue et sans un réal en poche. Cette journée restera je pense parmi l’une des plus laborieuse de ce voyage. Après avoir découvert que les banques n’accepte pas les mastercards, nous parvenons à aller sur Internet (en réglant en pesos argentin) et à retrouver enfin Polo et fabiola. Direct à l’hôtel puis au lit sans manger en espérant que demain sera un jour plus souriant !
Le lendemain, après une journée sans rein faire si ce n’est boire de la bière, nous décidons de prendre le bus de nuit pour Torres sur la côte brésilienne. Incroyable. Pour prendre le bus, il nous faut retraverser la frontière ! Cinquième passage du pont maudit avant le vrai départ pour le Brésil !
29 novembre 2007
PUERTO IGUAZU.
Nous repartons de bonne heure cette fois voir le côté argentin des chutes. Le parc ouvre ses portes à huit heures donc nous ne sommes que trois à tenir compagnie aux gardiens qui vont travailler. Nous sommes de ce fait très bien accueillis à l'entrée du parc où un gardien nous explique les sentiers à suivre et dans quel ordre il est préférable de les découvrir pour éviter les foules qui ne vont pas tarder à faire leur apparition. Nos premiers pas nous emmènent dans une épaisse forêt. Nous marchons en silence, attentifs au moindre bruit. En effet en plus des chutes, le parc national Iguazu est un paradis pour de nombreux animaux. Notre première rencontre est celle d'un toucan que nous avons repéré au loin. La discrétion n'est pas son point fort, son grand bec multicolore saute aux yeux parmi le feuillage vert foncé. Suivant les conseils du gardien nous empruntons ensuite le sentier qui longe le haut des chutes d'eau. Drôle d'impression en haut de ces monstres d'eau au grondement incroyable. Ensuite nous prenons le chemin du bas d'où la vue sur les dizaines de chutes côtes à côtes est superbe. La chaleur humide est insupportable. Nous montons ensuite dans un bateau pour se rendre sur l'île "Grande San Martin" peuplée d'une horde de vautours noirs au long cou. A la fin du sentier qui fait le tour de l'île, nous surplombons la première grosse chute. Débit hallucinant. Les embrunts projetés par la force de l'eau forment un épais nuage zébré d'un superbe arc-en-ciel. Nous prenons ensuite le petit train qui traverse le parc. Ce dernier nous conduit à la passerelle qui permet d'accéder à la Gorge du Diable (Gargantua del diablo), une chute des plus impressionantes. Un fleuve immense dont toutes les eaux convergent vers ce trou de 80 mètres de profondeur dans lequel elles se jettent dans un grondement digne des enfers. Encore une fois nous avons de la chance, il est l'heure de manger pour tous les touristes venus ici en tour organisé. Nous apprécions ce moment seuls. Impression intraduisible. Vision étrange, des centaines d'hirondelles virevoltent dans le nuage d'embrunts. Bref un spectacle inoubliable de la force de la nature. Nous rentrons comblés et trempés de sueur d'une journée formidable.
Ce soir là nous partons en quête de viande pour un bon asado réparateur. Nous sommes dimanche et nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée là. L'odeur de viande grillée et la fumée des dizaines d'asados envahissent la ville. L'Argentine a sans doute la meilleur viande du monde et le barbecue en famille est une coutume, tous les dimanches c'est le même spectacle. Nous accélérons le pas pour être nous aussi de la fête.
03 décembre 2007
COLONIA PELLEGRINI.
Nous prenons un bus de nuit de Puerto Iguazu pour Corrientes. Après un bon repas pour un bus ( milanesa, quiche et petit gâteau), nous sommes arrêtés par un contrôle de douane. Un labrador monte dans le bus et circule dans l'allée à la recherche de substances illicites en provenance du Brésil ou du Paraguay tous proches. Il finit par s'arrêter à nous et sent mon sac avec insistance - le film se poursuit dans nos têtes - après la maison de passe d'Arica et le meutre de la prostituée allemande - nous sommes projetés dans un drame américain : deux jeunes touristes français se font piéger par des narco-trafiquants paraguayens. Une seconde d'inadvertence et le petit sac noir va leur offrir un billet gratuit pour une visite des prisons argentines. Le douanier leur demande d'ouvrir le sac, stupeur, un kilo de cocaïne pure en provenance de Bolivie.
" -Ce n'est pas à nous! On nous a piégé! implore le pauvre touriste d'une voie étrangler avant même que le douanier, esquisant un léger sourire, ait posé la moindre question.
- Ils nous disent tous ça, réplique-t-il sur un ton amusé.
- Je vous jure que l'on ne savait pas. Quelqu'un a du le mettre ici...
- Suivez-moi! coupe le douanier que les explications de ce jeune étranger commencent à impatienter."
Je vous laisse deviner la suite entre prison et tribunaux pour échappper aux dix années requises pour possession et trafic de drogue.
Finalement il n'y a rien dans notre sac et le bus repart dans la nuit. Nous parvenons le lendemain matin à Corrientes et nous ne perdons pas de temps pour nous retrouver dans un bus en direction de Mercedes. Trois heures de plus le cul dans un siège. De Mercedes, que nous atteignons vers neuf heures trente, il n'y a qu'un seul bus pour Colonia Pellegrini à treize heures. Nous patientons donc dans le bar de la gare routière, lieu de rendez-vous des Gauchos, les cowboys argentins. Avec leur cahpeau vissé sur la tête, leur pantalon bouffant tenu par une ceinture de tissu et la chemise à carreau. Ces hommes semblent tout droit sortis d'un western. Je ne sais pas pour quelle raison il passe leur temp ici, dans cet endroit sans charme, à boire de la bière.
Le bus finit par arriver. Ce dernier est en fait un minibus d'une vingtaine de places avec galerie pour les sacs, portes qui ferment mal et amortisseurs fatigués par les voyages sur une piste défoncée. En effet nous allons cahoter pendant plus de trois heures dans ce bus qui nous rappelle ceux d'Afrique pour parcourir les cent vingt kilomètres nous séparant de Colonia Pellegrini. Nous avons fini par atteindre ce village perdu et en un temps record : une nuit et une journée de transport en commun de moins en moins confortable. Nous sommes donc épuisés et plantons notre tente dans le jardin de la petite "posado" San Cayetano tenue par une sympatique famille. Le seul attrait de cet endroit réside dans sa réserve provinciale Esteros del Iberia dont la faune et la flore sont comparables au fameux Mato Grosso brésiliens. Nous sommes en fait au coeur de l'ancien delta du rio Parana qui forme aujourd'hui une vaste vallée inondable, véritable paradis pour la préservation d'une nature d'une incroyable richesse. Le parc abrite entre autre une grande colonie de caïmans, des familles de singes, des capybaras et quelques trois cent cinquante espèces d'oiseaux.
Cette soirée là, nous faisons la connaissance de José, un singulier personnage. Nous allons partager nos expériences sur les routes de ce vaste monde avec ce grand homme aux cheveux blonds coupés courts. C'est en fait la première fois que nous croisons un Russe au cours de nos pérégrinations. Il vient tout droit de Tallin, exilé en Estonie pour le travail, ça n'est pas la première fois qu'il foule le sol de ce continent. N'ayant qu'un mois de vacances, c'est en voyageur pressé qu'il parcourt le nord argentin et son flot rapide de parole, dans un excellent espagnol d'ailleurs, ne déroge pas à son leitmotiv : ici chaque minute compte. Cette discussion ne s'éternisera de ce fait pas trop car le lendemain matin il doit se lever à cinq heures pour une promenade en barque.
Le lendemain nous profitons de la relative fraîcheur de la matinée pour aller faire notre première balade dans le parc. Nous empruntons le "sendero de los monos" (le sentier des singes) et effectivement nous croisons rapidement le chemin des singes les plus grands d'Amérique. Peu discrets dans leurs déplacements de branches en branches, nous nous posons un bon moment pour observer ces incroyables animaux bruns au visage noir quasi humain. Un peu plus loin, sous le couvert de la forêt, une petite biche pointe son museau. Avec grâce elle traverse le sentier, attentive au moindre bruit. Nous ressortons de ce bosquet et empruntons ensuite le second sentier du parc qui longe un immense lac. Cette partie est un paradis pour les ornithologues. Du minuscule picaflor (colibri) au démesuré jabiru, les oiseaux sont les véritables maîtres des lieux. Avant midi, la chaleur est déjà insupportable et nous pousse à rebrousser chemin pour une petite sieste sur un banc à l'ombre du préau de la posada. Je suis tiré de mon sommeil par l'arrivée d'un couple qui, une fois installé dans une petite chambre de la posada, nous rejoint à notre table. La discussion s'engage. Le courant passe tout de suite bien entre nous. Eric est espagnol mais il vit au Brésil avec Mina, sa jeune petite amie, un concentré de ce superbe pays. Une grande jeune femme à la peau d'ébène, à la gentillesse à toute épreuve et au rythme dans la peau. Bref le Brésil est parmi nous par sa seule présence. Eric quant à lui est un personnage énigmatique dont il est difficle de donner un âge. Au fil des jours nous apprenons qu'il a foulé le sol de nombreux pays - une très grande partie de l'Afrique, quasiment toute l'Amérique du Sud, de l'Inde au Tibet en passant par Israël. C'est un baroudeur cultivé avec lequel nous allons converser à bâton rompu de sciences sociales, d'histoire, de biologie et de voyage. C'est pour nous la rencontre de ce voyage. Nous allons passer trois jours ensemble d'une amitié spontannée partageant les promenades matinales dans le parc, les longues discussions qui nous apprennent beaucoup, les belles photographies qui nous font voyager aux quatre coins du monde et les films brésiliens conseillés par Mina et traduit par Eric. Jamais je n'oublierai ces moments de partage.
Cette soirée là, nous discutons tranquillement autour d'une table à l'abri du préau. La chaleur est encore étouffante. En quelques secondes, le vent se met à souffler violemment par rafales tout d'abord puis constamment. Je lève la tête et aperçois la tente sous un arbre. Je me dis aussitôt qu'elle ne résistera pas à la violence du vent. Rapidement Eric m'accompagne pour une mission de sauvetage. Nous retirons en hate les sardines et chacun d'un côté, nous tirons la tente avec toutes les affaires à l'intèrieur. Luttant contre les bourrasques, nous parvenons à la mettre à l'abri du prèau. C'est déjà ça de sauvé! Je ne suis vraiment pas rassurer sous l'abri de bois. Tout le monde est dehors, ébahi devant ce déchaînement de la nature. Mina nous rejoint en haussant la voix pour couvrir le vacarme de "l'ouragan": "-Un arbre est tombé là-bas, venez voir!" Effectivement un arbre n'a pas résisté. La gérante de la posada nous dit que ça arrive régulièrement mais jamais si violement et si longtemps. Prenant notre mal en patience, nous nous rasseyons en croisant les doigts pour que la maison résiste et que les arbres gigantesques qui jouxtent le préau ne fassent pas comme leur petit frère. Le vent va tout de même souffler pendant une bonne heure et je n'ose pas imaginer l'état de la tente si nous n'avions pas réagi vite. Nous craignons maintenant le déluge. Les éclairs commencent à zébrer le ciel et la pluie à marteler le sol. S'il pleut dans les mêmes proportions que le vent, je pense que nous allons nous retrouver sous deux mètres d'eau. Finalement la pluie ne va pas s'avérer aussi violente que prévu mais nous passons tout de même la nuit sous le préau dans une tente sans sardines. Moment intense et inoubliable qui va marquer notre rencontre avec Mina et Eric avec lesquels nous passerons la fin de notre séjour à Colonia Pellegrini.
Après trois jours magnifiques dans cet endroit perdu, nous quittons à regret l'accueillante famille et les animaux du parc. Eric et Mina partent avec deux touristes espagnols et nous nous installons en face de la boutique puis de l'acceuil du parc pour faire du stop. On nous avez dit que c'était relativement facile mais après deux heures en pleine chaleur à ne voir passer quasiment aucune voiture, nous commencons à nous impatienter. Nous regardons avec dépit regarder passer l'ambulance puis la police pour voir finalement, après cinq heures d'attente, s'arrêter un pick-up. Le chauffeur nous dit qu'il est en transfert et que ça nous coûtera soixante pesos. On ne peut évidement pas refuser et nous voilà parti. L'homme qui conduit nous raconte sa vie mouvementée. Son voyage en France où il rencontre une femme. Son retour en Argentine pour régler son divorce pendant lequel il apprend la mort accidentelle de son amie française. Bref, une histoire lourde qu'il prend avec philosophie. IL nous dépose à la gare de Mercedes où nous prenons un bus pour Cordoba.
08 décembre 2007
CORDOBA.
Cordoba, l'une des plus grande ville d'Argentine, nous acceuille dans son immense gare routière, véritable fourmilière au parois multicolores. Pour autant, cette ville est plutôt agréable avec de grande place, de grande église et des foules de gens. Nous déambulons avec difficulté le long des rues piétonnes noirs de monde avant de nous perdre dans le réseau incroyable de galeries marchandes. Il est tout à fait possible de traverser le centre de Cordoba sans quasiment voir le jour, de galeries en galeries. Bon certes c'est agréable mais ça reste une grande ville peuplée d'embouteillages et de détritus, de bruit et de gris.
Notre séjour ici, de courte durée, sera marqué par l'incroyable amabilité de l'auberge de jeunesse "El Refugio" où nous sommes acceuillis par une femme des plus chaleureuse. Cet endroit convivial est propice aux rencontres. Nous y faisons la conbnaissance d'un voyageur solitaire, en Amérique du Sud, depuis quatres ans, calme et à la discussion intéressante et d'un trio d'étudiants cosmopolite, un français, un espagnol et un américain avec lesquels nous allons passer la soirée autour de bière. Soirée qui se terminera dans un bar en compagnie de deux anglaises et d'une française pour une courte nuit de sommeil avant le départ vers les montagnes au nord de Cordoba.
09 décembre 2007
CAPILLA DEL MONTE.
Capilla del Monte est une petite ville au pieddu cerro le plus haut de la sierra Chica. C'est un endroit des plus excentrique avec son centre dédié aux extra-terrestres, sos pierres aux diverses énergies, son temple zen et ses personnages loufoques. Notre séjour va se révéler agréable partageant notre temps entre promenades dans la pampa, trek au sommet du cerro, asado délicieux arrosés de rhum et crises de rire en découvrant l'ambiance délirante régnant sur ce lieu. Nous quittons la tranquilité des montagnes pour retrouver l'anarchie de la gare routière de Cordoba où un bus de nuit nous attends pour Mendoza.
13 décembre 2007
MENDOZA.
Nous voilà donc de retour à Mendoza, agréable cité au pied de la cordillère des Andes. Ville connue pour son vin, elle tient son charme de ses places et de ses rues ombragées par les arbres immenses. Elle peut être qualifiée de ville "boisée". Dés notre arrivée, nous nous dirigeons vers une auberge de jeunesse, endroit sympathique dont on nous a indiqué l'adresse à Cordoba. Nous allons occuper ici nos deux journée à la quête des cadeaux de noël pour la famille et les soirée à festoyer avec les occupants de l'auberge.
Nous faisons la connaissance de Dani et Fred, deux français d'origine bretonne avec lesquels nous allons sympathiser autour d'un succulent asado. Le lendemain nous sommes rejoins par un couple de belges en route vers le Sud. Encore un bon geuleton qui s'éternise jusqu'au petit matin. Nous nous couchons finallement vers quatre heures du matin pour nous lever vers six heures et prendre un bus en compagnie de Dani et Fred direction le parc de l’Aconcagua, le toit de la cordillère des Andes, plus haut sommet d’Amérique. Etat pitoyable pour les trois heures de bus qui vont nous conduirent à 2720 mètres d’altitude, au pied du monstre de 6960m.
15 décembre 2007
PUENTE DEL INCA.
Puente del Inca (pont de l’Inca) est un pont naturel de pierre qui enjambe le río Mendoza. Ce qui frappe est la couleur jaune orangée de la pierre, phénomène dû au ruisselement d’eaux termales (sulfureuses). Autour de ce monument s’organise un minuscule village de montagne balayé par les vents. Servant de camp de base avant les excursions vers l’Aconcagua, c’est un hameau sans charme dont l’unique animation est le petit marché artisanal. C’est ici que nous souhaitons bonne route à Dani et Fred en partance vers le nord avant de planter la tente dans l’unique camping des plus rudimentaire.
Le lendemain nous optons pour une randonnées dans ces impressionnantes montagnes. Aprés avoir obtenu l’autorisation des gardiens de la CONAF, nous partons en quête du sentier. Nous suivons la route jusqu’à une maison où nous demandons notre chemin. On nous indique un rocher noir à quelques centaines de métres derrière nous et une cinquantaines de mètres plus haut. Nous voilà donc partis à travers champ, suivant les traces du bétail en direction de ce fameux rocher noir d’où est supposé commencer le sentier.
Cette ascension sera notre première expérience de montagne sur un chemin non balisé. Suivant un torrent descendant des sommets enneigés, nous empruntons un sentier qui s’élève rapidement en petits lacets pour atteindre une crète d’où la vue sur la cordillère qui nous entoure est impresionnante. Nous surplombons une vallée au milieu de laquelle serpente un minuscule torrent. Nous nous sentons minuscule sur cette arète soumise au vent. La montagne offre un incroyable panel de couleurs – les pierres grises et noires, la terre ocre, les sommet enneigés d’une blancheur immaculée et le ciel sombre...Tiens la pluie arrive semble-t-il ! N’étant ni spécialistes de la montagne, ni équipés, nous decidons de rebrousser chemin et redescendons vers Puente del Inca. Une fois revenu à la route, nous décidons de faire un petit détour par le cimetierre des alpinistes. Ce dernier, minuscule, est dominé par un rocher représentant l’Aconcagua. Il regroupe les hommes (surtout) et les femmes (très peu) qui ont laissés leur vie à la montagne. Toute personne désireuse de tenter l’ascension du géant se doit d’y faire un tour pour ne pas oublier le danger d’une telle aventure. Nous passons une dernière nuit dans les nuages. Le lendemain nous devons rallier Valpo si le stop nous sourit car il n’y a pas de bus qui s’arrète ici.
Retour au Chili. On nous a souvent répété que le passage de la frontière Argentine-Chili pouvait s’avérer rocambolesque à cause des lois chiliennes interdisant le passage de fruits, légumes, bois, pierres, coquillages...Et bien evidemment nos sacs sont pleins de ce type de souvenir : des coquillages brésiliens au fer à cheval argentin. Nous appréhendons donc ce nouveau passage frontalier.
Nous montons rapidement dans le 36 tonnes d’un sympathiques camonneur argentin. La première difficulté se présente quelques kilometres avant le poste de douane : une file de deux cent camions au moins, embouteillage insensé au milieu des montagnes provoqué par le contrôle douanier. Il nous faudra deux bonnes heures pour y parvenir. Nous descendons enfin du camion pour nous présenter à l’immigration afin d’obtenir notre visa pendant que le chauffeur patiente pour le contrôle de son vehicule. Il nous donne rendez-vous de l’autre côté, si tout va bien, pour nous conduire à Los Andes.
Il n’y a pas de guichet pour les gens qui arrivent à pied mais uniquement pour les bus, les voitures et les camions. Nous nous présentons donc à celui des «autos » où la femme esquisse un sourire quand on lui dit que nous sommes à pied. Aprés le tampon de sortie, celui de l’entrée, rituel auquel nous avons fini par nous habituer. Une fois nos passeports tamponnés, la douanière nous invite à la suivre et nous conduit dans un bureau où nous attend un homme en civil. Ce dernier nous explique qu’il doit nous faire un papier qui nous permettra de sortir du poste de douane. Par chance, ce dernier parle français car il a vécu à Genève. Fort sympathique, il nous pose quelques questions sur notre voyage avant de nous délivrer le document et nous souhaiter un bon séjour au Chili. Nous traversons avec incompréhension le bâtiment animée et, après avoir presenté le papier à un douanier dans une petite cabine à la sortie du poste, nous nous retrouvons au Chili sans avoir subi le moindre contrôle. Nous posons nos sacs pour attendre le camionneur. Nous nous regardons avec Audrey et explosons de rire, non mécontent de ce coup de chance. Le chauffeur va nous conduire jusqu'à Los Andes après une prudente descente de la cordillère vers la vallèepar une route vertigineuse. A Los Andes, il nous faudra patienterune bonne heure sur le bord de la routeavant qu'un pick-up avec deux jeunes à l'avant et deux autres à l'arrière s'arrête pour nous conduire, cheveux au vent, jusqu'à la gare routière où nous sautons directement dans un bus pour Valparaiso.
18 février 2008
EL CHALTEN.
De retour en Argentine après trois jours merveilleux au coeur d'une nature sauvage et superbe. Nous sommes donc fort impatient de déguster une nouvelle fois la succulente viande argentine bien grillée sur le feu. C'est avec l'eau à la bouche, le nez déjà rempli de senteurs parfumées et l'âme carnivore que nous débarquons dans cette ville dédiée au sport de plein air. Première grande désilusion, le camping gratuit, Madsen n'est pas équipé de barbecue. Nos visages se décomposent quand nous réalisons que nous avons déjà pénétrer le parc "Los glaciares" où il est interdit de faire du feu. Deuxième désilusion, la ville entièrement dédiée au tourisme est très loin d'être charmante. Ses rues poussièrieuses balayées par de puissantes rafales sont en construction, des engins bruyants évoluent en tous sens. Il y a restaurants et hôtels pourtant et pas de supermarché digne de ce nom. El Chalten est en fait la ville la plus récente de l'Argentine. Elle n'apparaît qu'en 1985 opur renforcer la position argentine dans cette partie des Andes dont la frontière n'est pas encore établie définitivement. Ainsi pour assurer sa position face l'avancée chilienne jusqu'à Candelario Mancilla, quelques 50 kilomètres plus au nord, le gouvernement a établit cette minuscule cité. Sa position au pied du Fitz Roy, un pic de basalte aussi impressionant que magnifique, très prisé des randonneurs et alpinistes, en a très vite fait un haut lieu touristique. Bref, elle manque de charme, n'a pas d'histoire et pas d'âme. Nous ne passons finallement qu'une nuit ici après s'être rabattus sur une purée jambon au lieu du barbecue prévu.
Cette nuit-là fut la première nuit rèellement venteuse depuis notre arrivée en terre patagone. Le célèbre vent violent de patagonie va nous jouer de mauvais tours. Notre pauvre tente, fatiguée du voyage, va subir le souffle puissant, oscillant et faisant un vacarme monstrueux. Difficile de fermer l'oeil, c'est donc encore fatigués que nous plions bagages pour nous diriger vers le massi Fitz Roy pour trois jours de randonnée.
Nous partons tout d'abord en direction des "Torres" (tours) sous une pluie battante et un fort vent. De superbe vue sur la plaine au milieu de laquelle serpente le tumultueux río Fitz Roy, avec arc-en-ciel. Nous traversons ensuite la vallée toujours sous la pluie avant de pénétrer dans une épaisse forêt pour atteindre le campement De Agostini au bord du lago Torre et au pied des Torres malheureusement dans les nuages. Nous montons la tente sous la pluie avant de plonger dedans pour une sieste bienfaitrice en espérant que le temps se dégage dans la soirée. Quand nous refaisons finallement surface, la pluie a effectivement cessé mais quand nous pointons le museau dehors, le temps est encore bien voilé et les fameuses Torres sont toujours dans la grisaille. Malgré tout, petite promenade sur la crète d'une gigantesque moraine pour atteindre le pied du glacier qui termine sa course depuis les sommets dans le lac. Nous finissons par rebrousser chemin en abandonnant l'idée d'aperçevoir le sommet des Torres ce soir-là. Le lendemain matin, réveil matinal pour profiter du lever de soleil. Couleur rosâtre tout d'abord puis illumination, tout se part de orange, la glace brille de mille feux mais les Torres restent cachés dans les nuages gris. Petites séance photo au bord du lac avec iceberg et arc-en-ciel puis départ pour la prochaine étape, le mont Fitz Roy.
Nous grimpons dans la forêt pour redescendre dans une immense vallée pluviale parsemée de petits lacs et de marécages. Il fait beau ce jour-là et rapidement nous aperçevons les pics vertigineux du Fitz Roy et du Poincenot. Ce pan de montagne est magique. Il est posé là, se découpant sur le ciel et semble irréel, un décor de film. Nous longeons les rives des lagunas Madre et Hija (mère et fille) avant de bifurquer à guauche, droit vers le Fitz Roy. Nous parvenons au camping surpeuplé, le campement Poincenot. De là, il reste une heure de forte ascension dans les rochers pour atteindre la laguna De Los Tres, au pied de la fameuse montagne. Nous allons y passer une bonne heure et demi à contempler les tours de basaltes se reflétées dans le lac avant de redescendre les 450 mètres de dénivelé jusqu'au camping.
Le lendemain nous redescendons tranquillement jusqu'à El Chalten après avoir désèspéremment attendu les flammes du lever de soleil qui ne parviendront jamais à éclairer le Fitz Roy à cause d'une barre d'épais nuages gris. De retour en ville, nous n'avons qu'une idée en tête, trouver un bus pour rejoindre El Calafate, deux cent kilomètres plus au sud, afin de ne pas repasser une nuit ici. Nous finissons par en trouver un partant à treize heures et nous patientons en dégustant gâteau au chocolat, alfajore (gâteau typique argentin) et café bien chaud.
21 février 2008
EL CALAFATE.
Nous débarquons donc en fin d'après-midi à El Calafate, une grosse bourgade au bard du lago Argentino et point de départ pour aller admirer le glacier le plus célèbre du monde, le Perito Moreno. Dès notre arrivée, nous constatons que les hauts lieux touristiques se ressemblent tous, centre ville moderne avec restaurants et hôtels, casino et foule de magasins de marque pour combler les touristes en manque d'achats et de lèche-vitrine. D'autre part nous avons le regret d'apprendre le prix exorbitant pour aller voir le Perito Moreno. Déçu, nous allons nous rabattre sur un barbecue dantesque! A l'office du tourisme un couple se renseigne aussi sur le Perito Moreno. Nous nous regardons avec un regard dépité. C'est vraiment trop cher!
-"Ca vous intéresse de louer un char? Euh une voiture. Désolé on vient du Québec, nous propose le jeune homme.
-Si c'est pas trop cher, pourquoi pas?"
Et voilà comment nous faisons la connaissance de Mathieu et Valérie avec lesquels nous allons faire un eptit bout de chemin. Ils vivent au Québec depuis quelques années mais sont originaire lui du Mans et elle d'un village proche de Marseille. Math est garde parc et apiculteur et Val travaille dans un magasin de sport. Leur passion c'est le plein air, la randonnée, l'escalade, le VTT... Nous avons donc un point commun qui va nous emmener vers les mêmes destinations. Comme nous, ils reviennent du Fitz Roy et se dirige vers le parc Torres del Paine. Nous partageons un mémorable asado avant de partir, eux le matin et nous l'après-midi, pour le fameux glacier.
Un bus nous conduit en une heure et demi au parking d'où partent les passerelles s'approchant à une centaine de mètres du Perito Moreno. Vue impressionante sur cette langue de glace de 14 kilomètres descendant depuis le campo de Hielo Sur. Parois bleu turquoise et blanche de 60 mètres de haut et icebergs en nombres dans le "canal des icebergs". Nous aurons la chance d'assister à la fracassante chute d'un gigantesque pan de glace provoquant des vagues et remuant le champ d'icebergs. La physionomie du canal change donc, plus de glace et une barre blanche qui s'éloigne lentement du glacier.
Point négatif, comme toutes les attractions touristiques, il y a un monde hallucinant s'extasiant jusqu'aux applaudissements face au glacier. Absurde! Le tourisme dénature-t-il les belles choses de la planète? Nous sommes tous attirer comme des aimants par ces merveilles Iguazu, Macchu Pichu, Perito Moreno et tant d'autres. Mais la réalité apparaît souvent moins magique qu'on ne l'avait présenté. Entre le côté économique qui nous transforme en porte-feuilles et celui mouton de Panurge, par bus entier on vient s'entasser face à ces merveilles mais au final? Et les sourires des enfants dans un village perdu du sud du Pérou à seulement une demi heure du Macchu Pichu, les crocodiles d'un parc inconnu dans le nord argentin ou la cazuela dans un restaurant banal d'une petite ville de Chiloé!
Bon dernière nuit au camping municipal d'El Calafate, dernières braises et bon repas avant de repartir en bus pour Puerto Natales le lendemain matin.











































