Regards Mêlés

Ce blog nous permet de faire partager notre aventure de 7 mois en Amerique du sud.

01 février 2008

CERRO CASTILLO.

     Nous gagnons en stop la laguna Chiguay non sans difficulté. Une soixantaine de kilomètres en plus de neuf heures. A la laguna, nous passons à la CONAF pour payer le droit d’entrée du parc et récupérer une carte détaillée de la randonnée. La première partie consiste à rallier le début du sentier en suivant la carretera austral sur sept kilomètres et demi. Ne parvenant pas à nous faire prendre en stop sur ce petit tronçon, ce sera tout pour ce premier jour. L’aventure ne commencera donc que le lendemain.

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     Les quatre jours suivant vont être aussi merveilleux qu’épuisants. Le sentier traverse de superbes forêts de lenga avant de descendre dans le lit d’un torrent glacial pour ensuite remonter à un col au pied des glaciers. Le troisième jour sera le plus fantastique et le plus éreintant. Après deux jours et demi de marche avec nos sacs trop lourds, la montée pour atteindre le majestueuse Laguna Castillo, de couleur vert émeraude dominée par l’un des trois glaciers du cerro. Le temps est superbe. La chaleur intense provoque d’étonnants craquements, la glace fond et des blocs des détachent pour dévaler la pente abrupte dans un bruit fracassant et finir leur course dans le lac.

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     Nous grimpons ensuite avec lenteur dans un champ d’éboulis pour surplomber la lagune opaque. Nous atteignons trempés de sueur et les jambes lourdes le point le plus haut de ce trek, à peine 1600 mètres, offrant une vue imprenable sur la vallée et les sommets du sud. Etonnante vision. Le village en contrebas, le lago General Carrera plus loin à l’est et au fond les sommets enneigés des montagnes patagones. Après avoir repris notre souffle, c’est une descente infernale qui nous attend. Une pente fortement prononcée, de grandes glissades dans les graviers jusqu’à atteindre le lit d’un petit torrent. Après cette longue épreuve, nous nous arrêtons au premier endroit que nous croisons où il est possible de planter la tente et remettons au lendemain le long retour vers Villa Cerro Castillo. Une descente en pente douce le long d’un profond canyon puis la traversée d’immenses pâturages sous un violent soleil et nous finissons par atteindre le village. On a besoin en toute urgence d’une bonne douche et d’un vrai repas. Nous nous installons donc au camping. Il n’y a pas d’eau chaude. Peu importe. Nous nous dirigeons tout de même vers la douche. Effroi. Ça une douche ?

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     Une palissade de planche forme un carré au dessus duquel est attaché un tuyau muni à son extrémité d’une bouteille percée de trous. La bonne douche est donc reportée. Le repas également car ce village ne propose que peu de choses… L’aventure continue malgré tout. Ces quatre jours seuls dans la montagne resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Ils ont faillit compromettre la fin de notre séjour !

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04 février 2008

LA FIN DU VOYAGE!

     Imaginez-vous au beau milieu de la montagne. Une descente abrupte dans un immense ébouli. Des sacs d’une quinzaine de kilos sur le dos. Les jambes lourdes après trois jours de marche. Le soleil haut dans le ciel vous harcèle de ces rayons brûlants. Un petit filet d’eau fraîche serpentant au milieu des roches. Parvenu a mi-pente, une halte s’impose. Les mains en creux, nous apportons l’eau salvatrice à nos lèvres. Un dernier regard en bas pour jauger l’effort qu’il vous reste à fournir pour en finir de cette infernale descente. Et là, au moment de remettre votre fardeau sur le dos, c’est le drame. La petite pochette contenant l’indispensable, l’argent, les passeports  la carte bleue n’est plus au bout du cordon ! Le cœur s’accélère. Impossible. Des regards alentours pour constater qu’elle n’est pas là. Cette fois c’est la panique. Laissant toutes nos affaires sur place, nous remontons la pente. L’affolement nous gagne. Comment va-t-on faire ? Il nous faut absolument la retrouver. Luttant dans les pierres, nous scrutons devant nous, autour de nos pieds douloureux pour apercevoir un petit rectangle noir. Parvenu au sommet, les chances de remettre la main dessus s’amenuisent encore. Le vent se lève. Le moral est au plus bas. Notre corps entier nous fait souffrir. Nous poursuivons jusqu’à l’endroit où nous avions mangé le midi. Au milieu d’un champ de pierres effritées par le froid. Décor lunaire où il n’y a pas trace de la pochette. Il commence à se faire tard et nous devons trouver un endroit pour dormir. Nous abandonnons donc nos recherches, vaincus par le désespoir.

     Durant toute la descente, nos têtes sont remplies d’idées confuses sur les complications qui nous attendent. Une fois en bas, nous envisageons la suite avec angoisse. Voir avec la police, appeler l’ambassade, la banque, demander l’aide de nos parents… Serai-ce la fin de notre périple patagonien ? Mieux vaut dormir, la nuit porte conseil et surtout nous sommes littéralement épuisés.

     Je me réveille contre mon gré le lendemain, peu désireux d’affronter la triste journée qui nous attend. Après avoir somnolé une petite demi-heure après la sonnerie du réveil, je me force enfin à mettre le nez dehors. Je constate que le ciel est encore bleu au dessus de moi et que la journée s’annonce belle malgré la noirceur de nos pensées. Nous réfléchissons chacun dans nos têtes, dans un silence pesant, sur ce que nous allons faire tout en buvant le café : vaut-il la peine de remonter à la recherche de la précieuse sacoche au risque de perdre une journée ou bien directement redescendre pour enclencher le plus rapidement possible les laborieuses procédures ? Après mûres réflexions, nous nous disons que nous regretterions beaucoup de ne pas avoir tout tenté pour la retrouver et décidons de remonter jeter un œil. Affrontant une nouvelle fois l’infernale ascension dans les éboulis, nous atteignons à nouveau l’endroit où nous avions mangé la veille. Scrutant avec attention les alentours, soulevant quelques pierres, toujours aucunes traces de la sacoche. Notre faible espoir s’amenuise et notre moral est au plus bas. Nous poursuivons et remontons les traces de nos pas de la veille pour atteindre un rocher où nous avions posé nos sacs. Je refais les mêmes gestes, remontant m’asseoir au sommet du rocher avant de redescendre en regardant avec attention autour de moi. Rien. Il faut aller encore un peu plus loin. Un pas, puis un autre, avec lourdeur… Je lève le regard de mes pieds pour repérer le chemin que nous avions suivi dans l’autre sens et le miracle se produit. Un bout de tissu noir est là, posé au milieu de cette montagne de pierre. Je me pince pour vérifier que je ne rêve pas, jetant un dernier coup d’œil afin d’être sûr avant de me jeter sur la précieuse sacoche en criant à l’attention d’Audrey un « je l’ai » victorieux.

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     Nous n’y croyons pas ! Tant de chance ! Nous venons de trouver une aiguille dans une gigantesque botte de foin. Les larmes au bord des yeux, nous réalisons que le voyage continu. Le sud nous attend. Cette superbe randonnée ne sera finalement pas ternie par cette mésaventure qui se termine bien.

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05 février 2008

CERRO CASTILLO-COCHRANE.

     Nous nous installons sous un abribus au bord de la carretera austral en compagnie d’un couple chilien. Une longue journée de stop commence, entrecoupée d’un questionnaire sur le projet de construction de barrages et de centrales hydroéléctriques en Patagonie. Nous voyons ensuite partir les deux chiliens juste avant que n’arrive le couple d’israëliens avec lesquels nous avions fait Queulat-Coihaique. Nous allons persévérer jusqu’à 18h30 avant de perdre courage et de baisser les bras. Ca n’est pas notre jour de chance ! Pour sûr nous avons eu le notre la veille. Nous revoilà donc au camping rustique pour une nouvelle nuit. Le lendemain nous nous levons de bonne heure pour essayer une nouvelle fois de nous faire prendre en stop avant que ne passe le bus vers 11h30. Nous commencons à nous dire que ce sera dur de rallier Villa O’Higgins en stop. Mais la persévérence porte parfois ses fruits et vers 10h30, un 4x4 s’arrête.

    

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     Deux femmes de Santiago nous proposent de nous conduire jusqu’à Puerto Bertrand. « Ok. » Et comme avec la chance, c’est du tout ou rien, elles nous expliquent qu’elles souhaitent s’arrêter sur la route pour aller voir un site archéologique et faire un tour en bateau sur le lac Général Carrera jusqu’à la cathédral de marbre, une formation rocheuse sur les côte de cet immense lac. Nous passons donc une agréable journée en leur compagnie, découvrant les traces de mains laissées il y a quelques 100 000 ans lors d’obscurs rituels par nos ancètres. Nous longeons ensuite le gigantesque lago General Carrera aux eaux d’un bleu turquoise incroyable. Puis une petite balade sur ce lac jusqu’à la cathédrale de marmol, une formation de marbre sculpté par les eaux. La navigation d’une bonne heure nous fait découvrir ce site hallucinant où l’eau turquoise se reflète sur le marbre poli et creusé au point de former des galeries où il est possible d’entrée avec le bateau.

     Nous filons ensuite sans halte si ce n’est pour une ou deux photo jusqu’à Puerto Bertrand, minuscule village au bord du lago Bertrand. Nous laissons ici les deux jeunes femmes de la capitale pour aller au camping municipal gratuit au bord de l’eau. Nous ne feront qu’un rapide tour de ce tranquille village avant d’aller nous coucher. L’endroit que nous allons connaître le mieux sera le petit abribus de bois à l’entrée du village et qui ne voit passer qu’un unique bus par jour dans notre sens mais à 16h.

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     Nous nous y installons de bon matin sous une fine pluie pour rallier Cochrane, confiant puisqu’il n’y a que quarante kilomètres au programme de cette nouvelle journée. Mais après cinq heures de patience, le désespoir nous gagne à nouveau. Ca n’est pas forcement la mauvaise volonté des gens mais plutôt leur absence. Personne n’emprunte cette route ma parole hormis les gens d’ici ! Finalement un homme s’arrête, je ne sais même plus à quelle heure mais il va à Cochrane. La route est incroyable. Nous suivons le rio Baker, d’une couleur turquoise parfaite, qui serpente au creux d’un profond canyon. Des montagnes pelées à la végétation basse. Une route de gravier sans barrière serpentant au bord du ravin. L’homme s’est arrêté pour prendre sept autostoppeurs de plus à l’arrière du pick-up. Le vehicule est donc bien lourdement chargé pour affronter ce tronçon dangereux de la carretera austral. Après avoir calé dans une montée, nous finissons par atteindre Cochrane, ultime ville traversée par cette route mythique. Petit camping dans le centre où se retrouvent tous les mochileros en vadrouille dans le sud.

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08 février 2008

COCHRANE.

    Nous voilà parvenu à Cochrane, ultime "ville" de la carretera australe. Un long voyage depuis Chaitén pour attendre cette petite cité de moins de 3000 âmes. Chaque jour que nous passons dans cette région nous offre un spectacle inimaginable. A chaque nouveau kilomètre vers le sud, nous avons la sensation de pénétrer des zones de plus en plus sauvages. Et chaque fois nous respirons davantage l'atmosphère patagonien. Désormais seulement 200 kilomètres nous séparent de Villa O'Higgins, le bout de cette route unique.

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     Notre séjour à Cochrane sera principalement marqué par les rencontres. Le seul camping dans le centre accueille tous les voyageurs en transit pour se ravitailler. Cela donne de longues soirées autour du feu à échanger nos expèriences patagones. Nous y faisons la connaissance de Derek, un hollandais et Mickael, un israëliens. Eux viennent du sud, d'El Chalten, en Argentine au pied du Fitz Roy. Longues discussions avec Derek le jongleur. Les visages faiblement éclairés par le rougeoiment vacillant des flammes, nous partageons de nombreuses idées sur le monde et le voyage.

     C'est définitif, l'expèrience de l'autre et de l'ailleurs est une des choses les plus précieuses en ce monde de plus en plus individualiste. Chaque fois que nous croisons un voyageur, nous ressentons l'inégalable bénéfice du voyage. Ce dernier permet d'ouvrir la porte qui ferme notre esprit,obstrué de quotidien, de confort et d'habitude. S'extraire de ce shéma mortifère set l'unique moyen de goûter à la vie. Ainsi je me plais à croire que le nomadisme est une forme de vie plus amène de faire évoluer l'homme vers un avenir meilleur.

     Nous passons un séjour agréable et enrichissant dans cette ville avant de repartir droit vers le sud. Le pouce tendu au bord de la route, sous un ciel grisonnant et ce malgrè l'avertissement des trois israëliens qui sont restés ainsi au bord du chemin pendant deux jours sans succés.

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10 février 2008

CALETA TORTEL.

     Nous forçons donc notre chance, gardant dans nos têtes l'idée de parcourir cette ultime partie de la carretera australe en stop. Au final nous n'attendrons pas si longtemps avant qu'une voiture ne s'arrête pour nous conduire cinquante kilomètres plus loin, au milieu de nulle part mais un nulle part de toute beauté. Le ciel menaçant. Des montagnes couvertes de glaciers. Une pleine marécageuse peuplée de miliers de troncs nus, peuple entier d'arbres morts à la suite de l'éruption du volcan Hudson en 1991. Une route déserte, ligne grisâtre de gravier traversant ce paysage sauvage. Deux jeunes voyageurs emmitouflés dans leur blouson, assis sous un arbre les protégeant partiellement de la fine pluie qui tombe maintenant depuis quelques minutes. Dans leur tête, ils se demandent déjà où ils vont pouvoir passer dormir ce soir-là. Mais un quart d'heure plus tard, un pick-up pointe son capot de l'autre côté du pont et s'arrête à leur hauteur:

"- Vous allez où?

  - A Caleta Tortel.

  - Ok montez derrière et accrochez-vous!"

Ils avaient au meilleur. Un pick-up par exemple. Installés à l'arrière, recroquevillés pour se protéger du vent, ils pourraient profiter pleinement du paysage défilant toujours plus sauvage, plus grandiose et plus étonnant.

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    Cette sympathique famille allemande dont les fillettes à la chevelure blonde ne se rendent sans doute pas compte de la chance qu'elles ont de parcourir cette terre légendaire, nous conduit jusqu'au parking à l'entrée de Caleta Tortel, étonnante ville en bois. Ce hameau perdu à l'embouchure du fleuve Baker, accroché à la montagne, seul village entre le "campo des hielo norte et sur" (champ de glace nord et sud, partie du sud Chili entièrement couverte de glace) et construit entièrement de bois de cyprés. Il n'y a ni rues ni voitures mais des passerelles et des bateaux. Le calme serein de ce village unique héberge une population forte aimable et chaleureuse. Tout le monde se salue naturellement. Il fait bon vivre ici au rythme des marées, à contempler l'eau verte de la baie et les îles arrondies se découpant de l'horizon.

     Nous nous installons à l'aire de camping gratuite sur la plage, au bout des passerelles. Il faut quasiement une heure pour traverser la ville en faisant bien attention de ne pas glisser sur le bois détrempé par la pluie. Deux jours de calme et de détente, profitant des petites éclaircies, nous nous promenons dans la ville et faisons le tour de la colline à laquelle est accroché le village. Nous recroisons ici le coulpe d'autostoppeur chilien de Villa Cerro castillo qui font eux aussi halte ici avant de se diriger vers Villa O'Higgins, le bout de la route.

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     Un soir en rentrant d'une promenade dans le village, nous voyons au loin un petit attroupement autour d'un bateau à quai au bout d'un des nombreux pontons de la ville. Curieux nous nous approchons et assistons à l'étonnante livraison de chevaux venant tout droit de Puerto Eden, un port au milieu des fjords du Pacifique dont aucune route ne conduit. Les chevaux xont littéralement jetés à l'eau puis diriger à l'aide d'une corde jusqu'à une pointe rocheuse. Dans de grandes éclaboussures, ils remontent avec difficulté sur la terre ferme, grelotant et nerveux. Aussitôt scellés, un homme les conduit sur la plage et ils finissent par passer la nuit à brouter l'herbe autour des tentes du camping. La famille du marin décharge ensuite toutes leur affaires de l'Invincible, leur bateau-maison dont le pont est encombré d'un bric-à-brac des plus hétéroclite, des sacs de riz, des panches et de la viande séchée entre autres.

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     Après deux jours pluvieux dans cette ville en bois, nous nous retrouvons de bon matin sur le parking pour tenter une derrière fois le stop afin d'atteindre Villa O'Higgins, une centaine de kilomètre plus au sud.

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12 février 2008

VILLA O'HIGGINS

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     Après avoir vu un car de touristes en tour organisé nous saluant avec de grands sourires mais nous laissant là, assis sur nos sacs dans la fraîcheur matinale, un 4X4 s'arrête. Ce chileno-argentin vont à Villa O'Higgins, une aubaine pour nous. C'est reparti pour la dernière étape sur la carretera australe. Manolo est un économiste chilien originaire de Punta Arenas et rtavaille aujourd'hui à Santiago. Il parle un peu français car il a terminé ses études en Belgique. Il est accompagné de sa jeune petite amie originaire du Chaco, à l'extréme nord argentin prés de la frontière paraguayenne. Sympathique voyage en leur compagnie, la jeep rouge avançant lentement sur une route sinueuse. Ce n'est qu'aprés cinquante minutes de bateau puis trois heures de voiture que nous atteignons finalement Villa O'Higgins.

     Cette minuscule ville perdue n'est pas trés charmante mais étonne de par sa situation isolée. A plus de 500 kilomètres de gravier de Coihaique, la première ville digne de ce nom, elle accueille environ quatres cent personnes coupés du reste du pays. Mais alors que pouvons nous faire dans ce "trou perdu" me direz-vous? Eh bien ce village offre de nombreuses possibilités d'excursions pour toutes personnes aimant la nature et les grands espaces. Balade à cheval, trekking dans les montagnes, pêche sur d'immenses lacs et excursions en bateau. Nous optons pour une randonnée sympathique jusqu'au glacier Mosco avant une journée de repos au camping tenue par une jeune femme énèrgique et accueillante.

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     Nous y passons la soirée avec Christian et Carlos deux chiliens respectivement de Valdivia et de Los Angeles. Nous faisons connaissance autour d'une bouteille de pisco: Christian est médecin et Carlos ingénieur en agronomie. Tous deux sont ici pour la randonnée. Ils veulent rallier El Chalten pour aller marcher au pied du Fitz Roy. Nous allons donc être amené à nous revoir puisque nous nous dirigeons nous aussi vers cette célèbre montagne. Ainsi s'achève une page de l'aventure, quelques 1150 kilomètres en stop de Chaitén à Villa O'Higgins.

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     Une traversée inoubliable au sein d'un paysage époustouflant, ponctuée de formidables rencontres. Il ne nous reste plus que sept kilomètres à parcourir pour atteindre le panneau marquant la fin de la carretera australe, à Bahia Bahamondez où celle-ci finie dans le lac O'higgins. Cette partie nous tenons à la faire à pied, au rythme lent de la marche pour savourerles dernier instants en compagnie de cette route, véritable protagoniste de notre périple patagonien avec ses bons côtés comme les merveilleux paysages et les belles rencontres et biensûr ses mauvais avec l'inévitable poussière et les inombrables heures d'attente à ses côtés. Voilà l'heure de la séparation, demain un bateau nous amène de l'autre côté du lac où se trouve la frontière avec l'Argentine car il est impossible de traverser le Chili sans passer par son voisin car aucune route ne franchie encore l'imposant champ de glace séparant le nord du sud de la patagonie chilienne. Nous plantons la tente au bord du lac en espérant que le lac ne sera pas trop agité demain. 

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16 février 2008

L'IMPROBABLE FRONTIÈRE. BAHIA BAHAMONDEZ- EL CHALTEN

     Ce samedi 16 février 2008, nous plions une nouvelle fois la tente. Aujourd'hui, cela fait un mois et une semaine que ce bout de toile orange est notre maison. Nous avons oublié le confort d'un lit. Notre petite tente commence à réellement souffrir de ce long voyage. Aprés avoir été percée par un petit animal affamé(renard ou rat?) dans le parc azucar, été dévoré par les fourmis découpeuses à Puerto Iguazu, percée par un stylo oublié à l'intèrieur lors d'un pliage matinale, c'est la fermeture éclair de la porte extèrieure qui ne se ferme quasiment plus. Il faut une grande patience pour que les crans s'enclenchent. Nos matelas auto-gonflant sont percés et se dégonflent petit à petit au cours de la nuit, victimes des épineux du parc Cerro Castillo. Les chaussures d'Audrey fatiguent dangereusement. Mais le voyage continue. Nous puisons nos force dans un paysage chaque jours plus merveilleux et sur les rencontres chaleureuses avec chiliens et voyageurs de toute horizons. Chaque pas vers l'inconnu nous grandit, ajoutant une once d'expèrience qui est pour moi une once de vie. Nous remplissons nos sacs de notre bric-à-brac, stricte minimum pour épargner nos dos déjà douloureux et descendons à l'embarcadère où nous attends patiemment le petit bateau "hielo sur". Il y a du vent ce matin-là et le lac est parcouru de vaguelette qui font déjà tanguer le petit navire encore à quai. Nous embarquons tout de même aprés le dernier avis météo et retrouvons Christian et Carlos à bord. Ce dernier nous pévient que la traversée risque d'être agitée. Bon, j'espére que nos estomac supporteront les huit heures qui nous attendent sur le lac. Le bateau va nous conduire tout d'abord au glacier O'Higgins avant de nous déposer à Candelario Mancilla, le poste frontière chilien.

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     Nous nous installons sur la partie supèrieur du bateau qui est déjà lancé à l'assaut des petites vagues le faisant vaciller de droite à guauche. Nous sommes donc à l'air libre et supportons bien le mouvement régulier du navire. Une première rafale violente balaye le pont, secouant un peu plus fortement notre frêle esquif. Quelques deux heures plus tard, habitués au tanguage, nous écoutons avec intérêt les commentaires émanant d'un haut-parleur. La voix couvre avec difficulté le sifflement des puisssantes bourrasques. Mais nous paevwnons à saisir que nous sommes à moins de deux heures du glacier et que nous atteignons une partie du lac où se rencontre les vents se qui risque de rendre la navigation plus difficile. Effectivement quelques minutes après, le bateau change de cap pour se diriger vers le glacier, mane blanche se détachant de la grisaille à l'horizon. Les vagues ont pris de l'ampleur et frappe le bateau de côté provoquant un fort mouvement de droite à guauche. Il devient difficile de tenir debout  et tout le monde est accroché au rebord du pont. Une pluie galaciale se met à nous fouetter le visage et le vent s'intensifie encore. Condition hivernal en cet été patagonien. Nous croisons les premiers icebergs flottant sur le lac. Ces impresionnantes masses de glace, d'un bleu turquoise intense, ce sont détachées du glacier qui se rapproche face à nous et dérive lentement sur les eaux glaciales. Le spectacle est grandiose.

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    La langue de glace du glacier O'Higgins termine sa descente depuis les sommets enneigés du "campo de hielo sur" dans ce bras d'eau d'une centaine de mètres de large. Imposant, sa hauteur atteind les 80 mètres pour une largeur de trois kilomètres. Le bateau ralenti puis les moteurs s'éteignent, nous sommes tous sur le pont supérieur, bravant les conditions extrèmes pour contempler ce monstre blanc et bleu. Voir pour la première fois un glacier est impressionant mais entendre les cris de ce dernier est vraiment inimaginable. De long craquement sourd, de brefs détonations suivies du bruit déchirant de blocs de glace tombant du glacier, frottement glace contre glace puis explosion quand ils atteignent la surface dans une grande gerbe d'eau. Tout simplement incroyable. Nous naviguons à vitesse réduite le long de la paroi de la glace. Tout le monde retient son souffle, la bouche à demi ouverte avant de lâcher un "oh" accompagnant le gigantesque bloc de glace se détachant lentement de la paroi avant de rapidement s'effondrer dans le lac dans un bruit assourdissant. Sa chute provoque une vague qui vient frappée la coque du bateau. Magique. Nous dégustons ensuite un pisco accompagné de glacons du glacier - le personnel du navire, allongé au ras de l'eau, remonte de gros blocs de glace flottant à la surface du lac -. Nous trinquons donc à cette expèrience formidable avant que le bateau ne reparte à l'assaut des vagues pour nous amener à Candelario Mancilla où nous débarquons après huit heures de navigation remuante.

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     Candelario est un petit poste de douane chilienne perdu dans la montagne. Il a été installé ici pour défendre la position chilienne dont les frontières avec l'Argentine sont encore aujourd'hui en négociation. Les douaniers ne sont ici que quatre mois dans l'année pour accueillir les quelques touristes optant pour cet atypique passage de frontière. Les deux postes de douanes sont séparés de 18 kilomètres dont six de sentier impraticable en voiture, autant dire qu'il n'y as pas de foule et que l'on nous acccueille avec bien plus d'amabilité que lors de nos précédentes expèriences frontalières. Nous sortons donc du Chli le 16 février et rentrons en Argentine que le 17 février après une nuit de camping sauvage au bord d'un torrent au sein d'une nature préservée. Ce sera finallement notre plus beau souvenir des frontières. Une randonnéee magnifique, des douaniers aimables et peu soupçonneux, deux jours de marches avec une vue sur les sommets enneigés longeant le lago del Desierto d'un vert émeraude. Il nous aura donc fallu trois jours pour rallier El Chalten, la première ville argentine, au pied du Fitz Roy.

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18 février 2008

EL CHALTEN.

     De retour en Argentine après trois jours merveilleux au coeur d'une nature sauvage et superbe. Nous sommes donc fort impatient de déguster une nouvelle fois la succulente viande argentine bien grillée sur le feu. C'est avec l'eau à la bouche, le nez déjà rempli de senteurs parfumées et l'âme carnivore que nous débarquons dans cette ville dédiée au sport de plein air. Première grande désilusion, le camping gratuit, Madsen n'est pas équipé de barbecue. Nos visages se décomposent quand nous réalisons que nous avons déjà pénétrer le parc "Los glaciares" où il est interdit de faire du feu. Deuxième désilusion, la ville entièrement dédiée au tourisme est très loin d'être charmante. Ses rues poussièrieuses balayées par de puissantes rafales sont en construction, des engins bruyants évoluent en tous sens. Il y a restaurants et hôtels pourtant et pas de supermarché digne de ce nom. El Chalten est en fait la ville la plus récente de l'Argentine. Elle n'apparaît qu'en 1985 opur renforcer la position argentine dans cette partie des Andes dont la frontière n'est pas encore établie définitivement. Ainsi pour assurer sa position face l'avancée chilienne jusqu'à Candelario Mancilla, quelques 50 kilomètres plus au nord, le gouvernement a établit cette minuscule cité. Sa position au pied du Fitz Roy, un pic de basalte aussi impressionant que magnifique, très prisé des randonneurs et alpinistes, en a très vite fait un haut lieu touristique. Bref, elle manque de charme, n'a pas d'histoire et pas d'âme. Nous ne passons finallement qu'une nuit ici après s'être rabattus sur une purée jambon au lieu du barbecue prévu.

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     Cette nuit-là fut la première nuit rèellement venteuse depuis notre arrivée en terre patagone. Le célèbre vent violent de patagonie va nous jouer de mauvais tours. Notre pauvre tente, fatiguée du voyage, va subir le souffle puissant, oscillant et faisant un vacarme monstrueux. Difficile de fermer l'oeil, c'est donc encore fatigués que nous plions bagages pour nous diriger vers le massi Fitz Roy pour trois jours de randonnée.

     Nous partons tout d'abord en direction des "Torres" (tours) sous une pluie battante et un fort vent. De superbe vue sur la plaine au milieu de laquelle serpente le tumultueux río Fitz Roy, avec arc-en-ciel. Nous traversons ensuite la vallée toujours sous la pluie avant de pénétrer dans une épaisse forêt pour atteindre le campement De Agostini au bord du lago Torre et au pied des Torres malheureusement dans les nuages. Nous montons la tente sous la pluie avant de plonger dedans pour une sieste bienfaitrice en espérant que le temps se dégage dans la soirée. Quand nous refaisons finallement surface, la pluie a effectivement cessé mais quand nous pointons le museau dehors, le temps est encore bien voilé et les fameuses Torres sont toujours dans la grisaille. Malgré tout, petite promenade sur la crète d'une gigantesque moraine pour atteindre le pied du glacier qui termine sa course depuis les sommets dans le lac. Nous finissons par rebrousser chemin en abandonnant l'idée d'aperçevoir le sommet des Torres ce soir-là. Le lendemain matin, réveil matinal pour profiter du lever de soleil. Couleur rosâtre tout d'abord puis illumination, tout se part de orange, la glace brille de mille feux mais les Torres restent cachés dans les nuages gris. Petites séance photo au bord du lac avec iceberg et arc-en-ciel puis départ pour la prochaine étape, le mont Fitz Roy.

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     Nous grimpons dans la forêt pour redescendre dans une immense vallée pluviale parsemée de petits lacs et de marécages. Il fait beau ce jour-là et rapidement nous aperçevons les pics vertigineux du Fitz Roy et du Poincenot. Ce pan de montagne est magique. Il est posé là, se découpant sur le ciel et semble irréel, un décor de film. Nous longeons les rives des lagunas Madre et Hija (mère et fille) avant de bifurquer à guauche, droit vers le Fitz Roy. Nous parvenons au camping surpeuplé, le campement Poincenot. De là, il reste une heure de forte ascension dans les rochers pour atteindre la laguna De Los Tres, au pied de la fameuse montagne. Nous allons y passer une bonne heure et demi à contempler les tours de basaltes se reflétées dans le lac avant de redescendre les 450 mètres de dénivelé jusqu'au camping.

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     Le lendemain nous redescendons tranquillement jusqu'à El Chalten après avoir désèspéremment attendu les flammes du lever de soleil qui ne parviendront jamais à éclairer le Fitz Roy à cause d'une barre d'épais nuages gris. De retour en ville, nous n'avons qu'une idée en tête, trouver un bus pour rejoindre El Calafate, deux cent kilomètres plus au sud, afin de ne pas repasser une nuit ici. Nous finissons par en trouver un partant à treize heures et nous patientons en dégustant gâteau au chocolat, alfajore (gâteau typique argentin) et café bien chaud.

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21 février 2008

EL CALAFATE.

Nous débarquons donc en fin d'après-midi à El Calafate, une grosse bourgade au bard du lago Argentino et point de départ pour aller admirer le glacier le plus célèbre du monde, le Perito Moreno. Dès notre arrivée, nous constatons que les hauts lieux touristiques se ressemblent tous, centre ville moderne avec restaurants et hôtels, casino et foule de magasins de marque pour combler les touristes en manque d'achats et de lèche-vitrine. D'autre part nous avons le regret d'apprendre le prix exorbitant pour aller voir le Perito Moreno. Déçu, nous allons  nous rabattre sur un barbecue dantesque! A l'office du tourisme un couple se renseigne aussi sur le Perito Moreno. Nous nous regardons avec un regard dépité. C'est vraiment trop cher!

   -"Ca vous intéresse de louer un char? Euh une voiture. Désolé on vient du Québec, nous propose le jeune homme.

   -Si c'est pas trop cher, pourquoi pas?"

     Et voilà comment nous faisons la connaissance de Mathieu et Valérie avec lesquels nous allons faire un eptit bout de chemin. Ils vivent au Québec depuis quelques années mais sont originaire lui du Mans et elle d'un village proche de Marseille. Math est garde parc et apiculteur et Val travaille dans un magasin de sport. Leur passion c'est le plein air, la randonnée, l'escalade, le VTT... Nous avons donc un point commun qui va nous emmener vers les mêmes destinations.  Comme nous, ils reviennent du Fitz Roy et se dirige vers le parc Torres del Paine.  Nous partageons un mémorable asado avant de partir, eux le matin et nous l'après-midi, pour le fameux glacier.

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     Un bus nous conduit en une heure et demi au parking d'où partent les passerelles s'approchant à une centaine de mètres du Perito Moreno. Vue impressionante sur cette langue de glace de 14 kilomètres descendant depuis le campo de Hielo Sur. Parois bleu turquoise et blanche de 60 mètres de haut et icebergs en nombres dans le "canal des icebergs". Nous aurons la chance d'assister à la fracassante chute d'un gigantesque pan de glace provoquant des vagues et remuant le champ d'icebergs. La physionomie du canal change donc, plus de glace et une barre blanche qui s'éloigne lentement du glacier.

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 Point négatif, comme toutes les attractions touristiques, il y a un monde hallucinant s'extasiant jusqu'aux applaudissements face au glacier. Absurde! Le tourisme dénature-t-il les belles choses de la planète? Nous sommes tous attirer comme des aimants par ces merveilles Iguazu, Macchu Pichu, Perito Moreno et tant d'autres. Mais la réalité apparaît souvent moins magique qu'on ne l'avait présenté. Entre le côté économique qui nous transforme en porte-feuilles et celui mouton de Panurge, par bus entier on vient s'entasser face à ces merveilles mais au final? Et les sourires des enfants dans un village perdu du sud du Pérou à seulement une demi heure du Macchu Pichu, les crocodiles d'un parc inconnu dans le nord argentin ou la cazuela dans un restaurant banal d'une petite ville de Chiloé!

     Bon dernière nuit au camping municipal d'El Calafate, dernières braises et bon repas avant de repartir en bus pour Puerto Natales le lendemain matin.

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24 février 2008

PUERTO NATALES

     Nous traversons désormais un paysage totalement différent. La patagonie offre deux parties extrèmement contrastées. Celle de la cordillère qui reçoit de forte précipitation caractérisée par les montagnes, les glaciers et d'immenses forêts. De l'autre côté de la cordillère, en Argentine, s'étendent les immensités planes de la pampa. Terre ocre, arbustes jaunes et climat sec. Un payasage désolé balayé par les vents violents que rien n'arrêtent jusqu'à l'océan Atlantique. C'est au beau milieu de ce désert qu'un pneu de notre bus éclate nous obligeant à nous arrêter quelques minutes. Nous repartons ensuite vers la frontière que nous traversons pour rallier rapidement Puerto Natales, petit port agréable. Dés notre arrivée, nous constatons avec plaisir que Puerto Natales, malgrè que ce soit la ville où organiser son départ vers le parc Torres Del Paine, le plus célèbre et visité du Chili, n'est pas totalement dénaturée par le tourisme comme El Calafate. Maisons basses et colorées, petite place ombragée face à l'église et un unique camping où nous retrouvons Matt et Val. Comme la plupart des personnes passant par ici, nous perdons pas de temps pour préparer le trek du Torres del Paine: course pour dix jours avec menu: pâtes, sauce tomate, saucisses type strasbourg à l'apparence indigeste, purée, soupe et un plaisir, une tablette de chocolat. Loin de la gastronomie mais plutôt féculents, poudre (soupe et lait) et flocons - nous recherchons le léger et non le délicieux-. Ensuite réservation du bus puis allègement des sacs en laissant l'inutile au camping. Et maintenant un dernier vrai repas puis un bonne nuit de sommeil avant le départ vers ce merveilleux parc qui faisait partie de notre plan de route depuis maintenant cinq mois. 

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