Regards Mêlés

Ce blog nous permet de faire partager notre aventure de 7 mois en Amerique du sud.

09 novembre 2007

TRAVERSEE DE L'ARGENTINE.

     Après une semaine de repos à Valpo occupée à l’organisation des expositions photographiques de fin d’année et ponctuée de sympathiques soirées. C’est fatigués que nous repartons sur les routes à la conquête du sud brésilien. Nous sommes à présent quatre à défier les frontières et à respirer le bon air du voyage. C’est en compagnie de Polo et Fabiola que nous entamons la traversée de l’Argentine pour rallier la frontière brésilienne à Paso de los Libres.  Descendant d’un bus pour remonter dans une voiture, squattant une gare de bus ou tendant le pouce au bord d’une route, les paysages verdoyant se succèdent. Ce n’est qu’à cent cinquante kilomètres seulement de la frontière que le voyage va se compliquer quelque peu après six jours sans problème.

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     Deux personnes se sont succédées pour nous conduire de Santa Fe à une station essence perdue au nord de Concordia. Nous tendons une nouvelle fois le pouce persuadés que la chance est encore avec nous et que nous pouvons atteindre la frontière avant la nuit. Mais ce n’est que au bout d’une heure qu’un camion s’arrête. Il ne peut conduire que deux personnes et nous sommes contraint de nous séparer. Nous montons donc avec ce camionneur au visage peu sympathique et à la conversation difficile. Trois heures de trajet austère et il nous dépose dans une station service à quinze kilomètres de Paso de los Libres. La malchance nous joue son premier tour, il fait nuit noire, nous sommes au bord d’une route fréquentée par de nombreux camions passant à toute vitesse et il nous reste seulement trois pesos soit même pas un seul euros. Pris au piège, notre seule solution est de monter avec cet homme soi-disant taximan sans aucun doute cocaïnoman. L'homme, maigre et pâle, s'installe au volant de sa voiture fatiguée. Agité, il parle vite, nous racontant sa vie misérable. La mort de sa fille qui s'est pendue le lundi précédent ne supportant plus les coups de son mari. Balançant sa tête d'avant en arrière, les yeux rougis par la fatigue, il fume une cigarette rapidement. Nous traversons des quartiers délabrés jonchés de détritus et de carcasses de voitures. Nous commencons à nous demander s'il va bien nous conduire dans le centre. Il nous conduira malgré tout dans le centre où il nous dépose à la place Independencia, lieu où nous devons retrouver Polo et Fabiola.

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14 novembre 2007

L'AVENTURE FRONTALIERE ARGENTINO-BRESILIENNE.

    Polo et Fabiola, qui ont passé la nuit dans un camion, sont directement aller à Urugaiana. Nous evons donc nous rejoindre au Brésil, cinq kilomètres plus loin, de l'autre côté du pont qui enjambe le rio Uruguay, frontière naturelle entre les deux pays.          

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     Nous partons vers cinq heures trente pour être au rendez-vous à sept heure sur la place centrale d'Urugaiana. Il y a une heure de plus au Brésil ce qu'il nous fait trente minutes pour faire cinq kilomètres, facile. Nous prenons le bus et rapidement nous traversons le pont qui nous sépare du Brésil. Au premier barrage frontalier, une femme douanière regarde nos passeports et nous laisse passer. De l'autre côté, nous pensons nous arrêter plus longtemps pour le tampon-visa. Mais à notre grande stupeur, le bus poursuit sans même s'arrêter. Nous sommes donc entrés au Brésil mais nos papiers ne sont pas à jour. Quelques peu inquiets de cette situation nous descendons au premier arrêt et sans perdre de temps nous repartons en direction du pont et de la douane. Après un long quart d'heure de marche avec nos sacs, nous atteignons le poste frontière. Nous demandons le fameux tampon mais la dame nous dit gentiment que cela se fait de l'autre côté du pont. Pestant de rage contre la première douannière du bus et le chauffeur et surtout contre nous-même, nous voilà repartis vers l'Argentine, à pied cette fois! Longue traversée du pont au milieu duquel nous croisons un panneau indiquant qu'il est interdit aux piétons et aux vélos. Tant pis on poursuit. Nous atteignons l'autre rive en nage où nous expliquons notre situation. On nous dirige vers le premier bureau d'immigration où nous réglons la sortie d'Argentine puis un second pour l'entrée au Brésil et le fameux visa. Les bâtiments des douanes sont généralement des endroits austères avec des gens en uniforme au regard sombre, soupçonneux, bénéficiant d'un pouvoir pour nous injuste: contrôler le passage d'une frontière, ligne imaginaire de séparation. Du mur aux barbelets, des fleuves contrôlés par l'armée aux terrains minés, ici se ressent l'appartenance à une zone délimitée, l'appropriation de la terre. Ici se ressent l'inégalité, la différence qui fait que toi tu ne passeras pas, toi peut-être après une fouille minutieuse et toi oui. Ici se ressent l'imbécilité des hommes qui organisent des raisons de conflits. Une planète entière divisée pour autant de guerre!

     Bon je m'écarte. Toute ces réflexions de dégout inspirer par le seul visage fermé et hostile d'une douanière méprisante. Elle se déplace lentement pour atteindre la fiche d'immigration qu'elle nous tend sans un mot. Pas bonjour, ça commence bien. Une fois remplies, nous lui donnons fiches et passeports. Elle feuillette avec langeur voire fainéantise le premier passeport puis se déplace difficilement jusqu'au téléphone qui sonne. Elle revient avec autant de difficulté, nous dévisagenat d'un air sinistre de derrière ses lunettes. Elle finit par prendre une fiche et pianoter sur son ordinateur. Au bout de quelques minutes, elle relève le nez vers nous et nous assène une phrase en portuguais. Bien évidement nous ne parlons pas cette langue et nous nous interrogeons sur sa requête. Nous voyant dubitatifs, elle hausse le ton et nous reproche dans un très mauvais espagnol de vouloir entrer dans un pays sans parler sa langue. Nous sommes stupéfait devant l'antipathie de cette femme. Elle va finir laborieusement par nous enrregistrer, tout d'abord pour un mois et ensuite pour trois. Heureusement nous étions attentifs. Nous quittons ce bureau en maudissant l'administration.

     L’aventure de la douane n’était malheureusement pas terminée, après l’administration douanière c’est à la police que nous nous frottons. Il est 19heures et il n’y a plus de bus. Le taxi nous demande quinze pesos, c’est trop, nous l’avons fait dans un sens nous voilà reparti dans l’autre, malgré les interdictions. Nous avançons donc une nouvelle fois sur ce pont de malheur. Après quelques centaines de mètres seulement, une sirène stridente surgit de derrière nous, nous faisant sursauter. Une voiture de police nous dépasse rapidement, les gyrophares bleus se détachant sur la lumière crépusculaire. La voiture double un camion et le stoppe en se garant devant lui. Nous hésitons, c’est pour le camion ou pas ? Deux douaniers sortent en courant de la voiture qui repart et se dirigent vers nous l’air furieux. Un troisième arrive à pied de derrière. On est fait comme des rats ! Le plus vieux arrive en hurlant en espagnol. Affolé je ne comprends pas  ce qu’il me dit et essaye de me justifier. IL coupe court à mes explications mi-affolées, mi-amusées devant un tel déploiement de force pour deux malheureux touristes traversant un pont à pied. Il croit que je me moque de lui et hausse encore le ton en pointant son doigt de l’autre côté du pont. Nous sommes donc contraint de rebrousser chemin, escortés par trois douaniers peu amènes. Nous marchons en silence quand au bout de quelques dizaines de mètres l’un des deux jeunes me demande d’où nous venons. De France. Et il me réplique sur un ton méchant qu’il ne sait pas comment cela se passe en France mais qu’ici en Argentine on respecte la loi. Je réprime un sourire en pensant à Sarkozy chez nous et m’excuse en disant que nous allons finalement prendre le taxi hors de prix. Nous aurons tout tenté sans succès mais nous aurons quand même évités la prison ! Ciao Argentine, bonjour Brésil !

     Nous débarquons donc au Brésil de nuit, dans une ville inconnue et sans un réal en poche. Cette journée restera je pense parmi l’une des plus laborieuse de ce voyage. Après avoir découvert que les banques n’accepte pas les mastercards, nous parvenons à aller sur Internet (en réglant en pesos argentin) et à retrouver enfin Polo et fabiola. Direct à l’hôtel puis au lit sans manger en espérant que demain sera un jour plus souriant ! 

     Le lendemain, après une journée sans rein faire si ce n’est boire de la bière, nous décidons de prendre le bus de nuit pour Torres sur la côte brésilienne. Incroyable. Pour prendre le bus, il nous faut retraverser la frontière ! Cinquième passage du pont maudit avant le vrai départ pour le Brésil !

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19 novembre 2007

PRAIA GRANDE.

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     Un long trajet en bus de Torres sur une piste de terre bordé par des rizières nous conduit à l’entrée de Praia Grande. Nous sommes coupés du village par un « pont » une simple chape de ciment que la rivière, grossie par les fortes pluies de la veille, recouvre. Nous franchissons donc les cinquante derniers mètres les pieds dans l’eau. La ville est construite autour d’une place centrale ombragée dominée par une imposante église. Pas de camping ici, nous nous dirigeons donc vers l’auberge Nativos Dos Canyons. Nous sommes accueillis chaleureusement par un couple énergique qui nous fait visiter les lieux avant de préparer notre chambre. Nous sommes les deux seuls occupants de cette maison-auberge. C’est donc cet endroit confortable qui sera notre foyer pour cette première nuit dans cette superbe région de canyons. Aussitôt installés nous sautons dans nos chaussures de randonnée pour aller se balader dans les environs. Le chemin de terre que nous empruntons longe une petite rivière. Les vaches et les chèvres aux longues oreilles pendantes qui nous regardent passer avec curiosité ne cesse de déclencher nos rires moqueurs. Nos pas vont nous conduire jusqu’à Vila Rosa, un minuscule village niché au pied des canyons. Au bout de cette promenade de quelques kilomètres, à la fin du chemin de terre, la soif nous pousse vers ce petit restaurant de perdu. Tout en sirotant nos canettes, les deux seules restantes, nous faisons la connaissance avec Brundje, la gérante, une petite femme maigrichonne mère de six enfants. Heureuse d’avoir de la compagnie, elle ne quitte pas son grand sourire pour nous faire visiter les lieux et nous montrer des photos de familles. Elle finit par nous proposer de venir camper ici gratuitement. C’est donc décidé le lendemain nous dormirons ici, en pleine nature.

    

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20 novembre 2007

VILA ROSA.

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     Comme prévu nous partons le lendemain matin sous un soleil de plomb, les sacs sur le dos en direction de Vila Rosa. Nous faisons une pause déjà baignés de sueur à cause de la chaleur. Nous profitons du peu d’ombre offert par un abri bus pour manger un œuf dur et du pain. Au loin nous voyons Paul et Fabiola, main dans la main, qui marchent vers nous. Ils venaient nous retrouver à Vila Rosa. La veille eux aussi ont été accueillis par la générosité des brésiliens. Ils plantent leur tente aux bords de la rivière de Praia Grande dans le jardin d’un restaurant. Nous arrivons ensemble à Vila Rosa chez Brundje. Elle nous accompagne à l’école aujourd’hui transformée en maison d’habitation pour sa mère. C’est ici que nous plantons notre tente. En effet faute de personnels l’école a du fermer ses portes et les enfants sont contraint de prendre le bus pour aller à Praia Grande.

     Une fois érigée notre maison de toile, nous partons en compagnie de Polo et Fabiola à l’assaut des canyons. Nous empruntons un chemin qui traverse des champs et des plantations de bananiers. Ouvrant quelques portails servant à interdire le passage aux vaches aux grandes oreilles, qui toujours nous font rire, nous nous élevons progressivement au sein d’une nature de plus en plus sauvage.

     Epaisse forêt aux multiples essences, fougères immense et sentier étroit, cette promenade prend des airs d’Indiana Jones. Nous avançons lentement à cause de la végétation qui envahit par moment le chemin puis la boue marquée d’empruntes de sabot de vache.

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     Après une courte pause au bord d’un des nombreux torrents descendant du haut des canyons, nous reprenons notre périple jusqu’à ce coup d’œil sur nos pieds et la découverte de l’emprunte – il n’y a pas de griffes donc ce n’est pas un chien et c’est bien trop gros pour être celle d’un chat domestique. Nous savons que des félins vivent dans la région, des onces par exemples. Polo et Fabiola perdent de leur assurance et décident de rebrousser chemin. « Ok, on se retrouve à la rivière. » Nous poursuivons en silence, attentif au moindre bruit. Je m’imagine une paire d’yeux brillant sous le couvert de la végétation. La probabilité de croiser la route de ce majestueux félin et quasi-nulle et notre progression lente et silencieuse va rapidement être stoppée par des voix humaines suivies de près par des aboiements rageurs. Nous restons immobile quelques secondes. Ca se rapproche. J’imagine trois chiens de hautes statures, la bave aux lèvres, défendant les plantations de bananiers. Petites montée d’adrénaline, Audrey a plus peur des chiens que des félins. Nous faisons volte face et partons dans une course effrénée et stupide. Nous repassons rapidement un pportail de barbelé qui ne freinera pas la progression des "supposés" molosses lancés à notre poursuite. Nous retraversons les passages les plus boueux sans aucune attention, nos chaussures s'enfonçant sous la puissance de nos enjambées. Nous ralentissons enfin, écoutant si nos poursuivants ont abandonnés leur traque. Les aboiements se sont éteints, nous sommes sauvés d'un danger bien plus imaginaire que réel. Nous en rigolons quelques instants avant de poursuivre et d'apercevoir Polo et Fabiola, devant nous qui marchent tranquilement. Sans réfléchir, le comique de la situation forçant notre bouffonnerie, nous voulons faire partager l'absurdité de cette aventure. Audrey reprend sa course poussant des cris improbable - Ô secours! - La panique gagne Polo et Fabiola qui se mettent eux aussi aux pas de course afin d'échapper à ce danger inconnu. Sans doute dans leur imaginaire a surgit ce supposé félins, jaguar aux longues dents, poursuivant ces quatres aventuriers inconscients. Nous mettons rapidement fin à cette blague qui les fera pas du tout rire.

     Le retour fut donc plus rapide que l'aller. De retour à Vila Rosa, Polo et Fabiola prennent le bus scolaire pour rentrer à leur campement sur Praia Grande. Brundje nous invite à boire un café chez elle dans sa maison animée par ses cinqs enfants. La pièce qui sert de cuisine est des plus simple. Une table, une gazinière et un evier. Mais la chaleur qu'apporte les enfants lui donne tout de même une atmosphère de joie des plus agréable. Nous buvons un délicieux café et nous ne savons que dire devant tant de générosité. Au-delà du café c'est un savoir-vivre, une générosité et un coeur énorme qu' ils nous offrent. Cet instant partagé avec cette humble famille brésilienne, loin de la ville, restera un des moments forts de ce voyage. Jamais nous n'oublierons cette famille et ces instants, à écouter les rires des enfants buvant leur verre de lait en mangeant du pain fait maison.

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     Après ce quatre-heure familiale, les deux plus vieilles des filles, Bibiana et Mariana nous amène à la piscine. En fait il faut marcher une bonne demi-heure dans le lit d'un torrent descendant des canyons pour atteindre un bassin naturel aux eaux cristallines couleurs émeraude. Moi et Audrey, nous nous cassons les chevilles pour réussir à suivre les deux filles pieds nus qui courent sur les pierres branlantes. A chaque fois que l'une d'elle trébuche, elles éclatent de rire et chaque fois nous craignons le pire, une cheville cassée ou je ne sais quoi. Mis non, nous parvenons tous sans encombre à la piscine où nous trempons seulement nos pieds endolooris dans l'eau glacée. L'endroit est magnifique et impressionnant: un canyon grandiose auquel s'accroche une forêt tropicale épaisse. Superbe, nous respirons l'air frais en nous délassant sur les rochers encore tiédis par le soleil de la journée. Le retour se fera dans la pénombre du crépuscule et c'est fatigués de cette longue journée que nous atteindrons notre tente dans la cour de l'école, à la nuit tombée.

     Le lendemain, nous nous levons de bonne heure pour profiter de la fraîcheur matinale. Nous empruntons un sentier qui serpente à flanc de colline avant de pénétrer la forêt. Petite promenade agréable d'une heure et demi au sein de cette nature encore vierge. Nous redescendons pour rejoindre Polo et Fabiola à la ville. DE Praia Grande nous nous rendons compte qu'il n'y as pas de bus pour nous conduire dasn le parc des canyons. Nous leur proposons donc de les conduire à la piscine de la veille. C'est reparti à Vila Rosa. Arrivés à la piscine, après que Polo est piqué une tête dans l'eau glaciale, nous poursuivons en suivant le torrent qui oscille entre ruisseau et ru pour essayer d'atteindre le fond du canyon et voir si il y a une cascade. Promenade des plus agréable, cherchant notre chemin en évitant de se mouiller les pieds. Nous ne parviendrons pas à atteindre le bout de l'immense canyon. Nous rebroussons chemin sans savoir si vraiment il y avait une cascade. Nous retournons au camping pour une dernière nuit ici.

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22 novembre 2007

FLORIANOPOLIS ET ISLA SANTA CATARINA.

   

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     Après trois jours dans la nature nous décidons tous ensemble d'aller à Florianopolis. Après une brève halte à Sideropolis où nous voulions prendre un train qui en fait ne fonctionne plus, nous arrivons dans la soirée Florianopolis. Capitale de la région Santa Catarina elle est érigée à moitié sur le continent et à moitié sur l'ìle Santa Catarina. La partie insulaire est reliée à la partie continentale par un pont qui offre une vue étonnante sur les nombreux buildings de forme, de hauteur et de couleur différente. N'ayant pas envie de s'éterniser dans cette ville où l'horizon ne se voit jamais, nous décidons d'aller directement profiter des nombreuses plages et villages de l'île. Un homme de l'office du tourisme à la verve commerciale nous propose un appartement à Barra da Lagoa. Nous négocions longuement le prix avant de monter dans sa voiture en direction de la côte est. Durant tout le trajet,  l'homnme parle vite et fort, ne cessant de répéter les charmes de l'ìle. Notre séjour ici sera "especial"! C'est une fois sortis de la ville, au sommet d'une colline, que nous découvrons la beauté des lieux: le lagoa da conceiçao en contrebas éclairé en cette nuit noire par l'éclairage orangée de la ville de Lagoa. Plus loin nous discernons les ombres des monts côtiers vers lesquels nous nous dirigeons. Ce jeu d'ombre et de lumière, des eaux lumineuses au noir ébène des montagnes, est impressionant. Nous sommes contents de s'être écarter de la ville.

     Nous atteignons finalement Barra da Lagoa, petit village côtier où nous allons passer quelques nuits. L'appartement qui nous acceuille est simple - une cuisine équipée, deux chambres et une salle de bain - mais idéale après les hôtels minables et la toile de tente. Le point fort est sa grande terrasse où se balancent deux hamacs pour nos futures siestes typiquement brésiliennes.

     Le lendemain nous partons tous les quatre pour une promenade le long de la côte. Le sentier démarre d'une petite crique pour s'élever doucement parmi la végétation basse et épineuse qui nous rappelle le maquis méditerranéen. Nous atteignons finalement un groupe d'immense rochers au bord de l'eau qui soit disant forme une piscine naturelle. Pas de baignade pour nous mais une vue imprenable sur le nord de l'île et ses monts arrondis, tortues géantes et immobiles, sentinelles veillant sur l'infini de l'océan. Face à nous la longue bande jaune de la plus grande plage de l'ìle s'étend à perte de vue jusqu'à atteindre le pied des carapaces au nord. Au sommet de la colline qui nous interdit la vue de l'océan sur notre droite, se dresse un humble phare tout de blanc vêtu. Polo et Fabiola, vaincus par la chaleur, préfèrent redescendre directement piquer une tête dans les eaux clairs; de notre côté nous souhaitons monter vers ce petit phare pour saluer nos parents loin de l'autre côté de l'océan. Nous grimpons donc sans grande difficulté pour profiter de la vue sur l'océan qui nous fait face, sur le lac dans notre dos séparé de la mer par une fine bande terre sur laquelle se trouve Barra da Lagoa que nous surpomblons et sur les monts et montagnes  omniprésents qui nous rappellent la Corse, mais une Corse verdoyante. Nous redescendons sous la chaleur vers l'appart pour retrouver Polo et Fabiola. Cette après-midi là, nous décidons avec Audrey d'aller marcher sur les rives du lagoa da Conceiçao. A notre grand desarroi, nous atteignons le portail de bois marquant le début du sentier à 16 heures soit bien trop tard pour profiter des 7 heures offert par ce chemin. Nous n'en feront donc qu'une partie, hallucinant sur les maisons incroyables dissimulées dans cette forêt aux allures tropicales -forêt de bambous géants et oiseaux du paradis. La promenade est des plus agréable mais nous décidons rapidement d'y mettre fin à cause de l'heure tardive. Ce petit bar perdu nous semble parfait pour une petite bière avant de rebrousser chemin à contrecoeur. Nous rentrons dans cette maison de bois blanc et bleu où un superbe billard qui ne doit pas voir des joueurs touts les jours, occupe la majorité de l'espace. Nous sommes accueillis par deux rasta habillés de vert, jaune et rouge, clients inimaginable de ce bar perdu. Le patron, un vieillard édenté au visage fermé nous sert une bière bien fraîche et nous discutons ces personnages atypiques venus du nord de la région de Bahia dont ils nous vantent les attraits: superbes plages et culture afro-américaine importantes, un métissage qui a su créer un climat festif particulier. POur eux un petit coin de paradis plus représentatif de se qui est vraiment le Brésil. Il nous quitte soudainement pour ne pas rater le bateau qui fait la liaison avec Lagoa. Nous préférons finir tranquillement notre bière afin de revenir par le même chemin qui nous a conduit dans cet endroit incensé. Ce soir là nous égustons un succulent poisson que nous avons fait griller sur le barbecue accompagné de tomates à la provençale. Petite pensée pour la France avant d'aller se coucher pour une bonne nuit de sommeil.

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     Le lendemain toujours sous un ciel d'un bleu azur nous partons de bonne heure pour nous rendre dans le sud de l'île sur la côte ouest. Paul et Fabiola de leur côté préfèrent profiter d'avoir un bon lit pour faire la grâce matinée. Arrivés en bus dans le dernier village au sud de l'île, nous entamons une randonnée pour atteindre la Praia dos naufragados ( plages des naufragés). Le sentier grimpe pour ensuite s'enfoncer dans une forêt de plus en plus dense. A chaque pause nous nous faisons dévorer par les moustiques. Le chemin étant de plus en plus facile, nous nous lancons dans une grande discussion qui nous fait oublier quelque peu l'univers qui nous entoure. AHHHHHHAHHHHHH!!!!!! " UN SERPENT" Audrey crie de toutes ses forces en faisant un bond en arrière. Un petit serpent qui traversait le chemin tranquillement vient de se faufiler entre les jambes d'Audrey -cris aigus, les bras tendus vers le ciel et un petit bon en arrière en levant bien les genoux... Cependant tout le long du chemin qu'il nous reste à parcourir, nous sommes beaucoup plus vigilents, les yeux rivés sur le sol attentifs au moindre bruit. Arrivés à la plage nous sommes emerveillés devant la beauté du lieu. Il y as quatres maisons dominant la baie qui ont été transformés en bar pour les plus assoiffés. Mais il reste tout de même des familles qui habitent encore ce lieu isolé à une heure et demi de marche du premier village. Après un repas sur les rochers à admirer les surfeurs qui sont nombreux à venir les vagues de l'extrème sud de l'île, nous poursuivons la ballade jusqu'à un petit phare. De là, nous pénétrons à nouveau dans l'épaisse forêt avant d'être rapidement stoppés par un grand panneau vert précisant " terrain militaire, défense d'entrer". Une colonie de gros lézards peuplant ce bois. En cet après-midi ensoleillé, ils profitent de l'astre pour se faire bronzer au beau milieu du chemin. Chaque fois que nous dérangeons leur repos, ils s'enfuient sous le couvert de la forêt dans une course comique et bruyante loin d'être discrète. Nous revenons par le même chemin sous une chaleur désormais intense en ce début d'après-midi. Nous nous arrêtons à Ribeirao da Ilha en quête d'huîtres qui sont soi-disant ici les meilleurs de tout le Brésil. Nous finissons par en trouver dans une cabane qui nous rappelle le bassin d'Arcachon à une différence, la manière de cultiver le délicieux coquillage, dans des nasses suspendus à une structure en métal à quelques encablures de la côte. Il nous reste plus désormais qu'à goûter les huîtres brésiliennes qui s'avèreront des plus pleines et des plus grasses.

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     Ce soir-là, c'est soir de pleine lune et nous décidons tous les deux d'aller profiter du clair de lune. Nous empruntons un sentier qui conduit au sommet du mont dominant la ville. Mais après une demi-heure d'ascension, le ciel se couvre et le vent se lève. Nous ne regrettons pas d'avoir pris la frontale par prévoyance. C'est donc sans la lune que les nuages ont désormais totalement masquée que nous découvrons la vue plongeante sur la ville éclairée et sur l'océan couleur encre. Nous savourons cet instant complice sur ce promontoire avant de redescendre vers la ville. De retour au port, nous nous arrêtons sur une petite table sur laquelle est peint un jeu d'échec. Face à nous un quai qui est le lieu d'animation typique: une demi-douzaine de pêcheurs, filet à la main, scrutent l'eau faiblement éclairée par les révèrbères. A intervalle régulier, d'un mouvement étudié, ils jètent leur filet sur des proies invisibles à nos yeux. Cette pratique nocturne semble importante car chaque soir cette petite jetée est le théâtre du même spectacle. Nous nous sentons bien dans ce village où la vie est partagée entre la pêche et le tourisme. Un petit port et ses bateaux multicolores aux noms exotiques peints sur la coque. Les hommes qui réparent les filets pour leurs futures pêches. Les enfants qui s'amusent parmi l'incroyable fouillis du port: cordes, coquillages, bouées, filets usagés... Un vieil homme au visage marqué par le sel et les embrunts d'une vie de marin nettoie son bateau, objet de toute une carrière. En ce lieu le temps s'écoule paisiblement au rythme du ressac.

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     Le lendemain nous décidons de retourner dans le sud de l'île, plus sauvage, mais côté ouest où se trouve la réserve du lagoa da Peri. Nous optons pour un sentier qui contourne le lac par la droite. Aujourd'hui le temps est gris et l'humidité de la forêt est extrème. La nature ici prend des airs équatoriaux avec d'énormes racines et un entrelats de lianes, de fougères immenses et de bambous impressionants. Au détour du chemin, un panneau indique que nous pénètrons sur le territoire des serpents et qu'il faut marcher avec précaution. L'aventure de la veille nous ayant servit de leçon, nous faisons donc attention où nous mettons les pieds. Agréable ballade malgrè le sentier très mal indiqué qui nous oblige à faire plusieurs fois demi-tour. Nous atterrissons finalement dans un immense champ de bananiers qui sera le point final de ce crapahutage forestier. Nous revenons au centre des visiuteurs où nous découvrons les sept espèces de cobra qui vivent ici. Ces derniers sont exposés dans des bocaux de formol mais même morts, ils gardent leur caractère effrayant, les yeux grands ouverts fixés sur nos veines. Un jeune scientifique du parc se présente alors et nous précise que six de ces sept espèces sont venimeuses. Nous repensons à notre souhait du matin de croiser la route de l'un d'eux pour finalement nous dire que ce n'est pas plus mal qu'ils ne se soient pas montrer. Nous quittons le lac pour rejoindre la plage d'Armaçao et ramasser quelques coquillages brésiliens. Nous rejoignons le joli petit village de Matadeiro, paisible port de pêche qui n'a pas encore perdu son charme tranquille à cause du flot touristique. C'est ici que nous disons au revoir à cette superbe île puisque le lendemain nous reprenons la route pour Iguazu.

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28 novembre 2007

FOZ DO IGUAZU.

     Après avoir traversés le brésil d'ouest en est, nous atterissons à Foz do Iguazu, une ville entièrement dédiée aux chutes d'eau du même nom. Nous plantons la tente dans le jardin d'une auberge de jeunesse avant de passer une journée de repos pour notre part pendant que POlo et Fabiola partent à la découverte des chutes. Nous préférons attendre le lendemain pour y aller au petit matin.

     Ce soir là nous partagons un dernier asado avec Polo et Fabiola qui ont décidé d'aller voir ce qui se dit au Paraguay. Nos routes se séparent donc ici, à la triple frontière entre le Brésil, l'Argentine et le Paraguay.

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     Le lendemain, comme prévu, nous allons à notre tour admirer les fameuses chutes d'Iguazu. Notre projet d'éviter le flot de touristes tombe malheureusement à l'eau car le parc n'ouvre ses portes qu'à 9h30. La visite de cet endroit indescriptible est donc quelque peu gachée par la foule de touristes qui s'agglutinent à chaque point d'observation de l'unique chemin de bois. Ceci n'enlève bien sûr rien au caractère impressionnant de cette merveille de la nature. Nous suivons donc comme tout le monde le parcours de quelques kilomètres qui offre une vue général de cet ensemble de cascades. L'unique coup de chance du jour sera la petite séance photo : souhaitant être pris tous les deux en ce lieu, Audrey demande, non pas au hasard, mais à un homme d'une cinquantaine d'année qui a un bon appareil autour du coup. Par chance ce dernier est photographe professionnel et prend une série de photos superbes du couple chanceux. Nous rentrons ensuite à l'auberge pour récupérer nos sacs et filer directement vers l'Argentine toute proche.

          Nouvelle aventure frontalière.

     Nous prenons un bus qui nous conduit au poste de douane brésilien où nous faisons tamponner notre passeport pour la sortie du Brésil. Nous attendons ensuite une demi-heure le passage d'un second bus qui nous conduit au poste argentin cette fois où nous faisons tamponner le passeport pour l'entrée en Argentine. Contrôle rapide des sacs et nous remontons dans le même bus. Nous parvenons enfin à Puerto Iguazu où nous nous installons au camping. Aucun problème donc cette fois mais tout de même deux bonnes heures pour parcourir dix kilomètres.

    

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29 novembre 2007

PUERTO IGUAZU.

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     Nous repartons de bonne heure cette fois voir le côté argentin des chutes. Le parc ouvre ses portes à huit heures donc nous ne sommes que trois à tenir compagnie aux gardiens qui vont travailler. Nous sommes de ce fait très bien accueillis à l'entrée du parc où un gardien nous explique les sentiers à suivre et dans quel ordre il est préférable de les découvrir pour éviter les foules qui ne vont pas tarder à faire leur apparition. Nos premiers pas nous emmènent dans une épaisse forêt. Nous marchons en silence, attentifs au moindre bruit. En effet en plus des chutes, le parc national Iguazu est un paradis pour de nombreux animaux. Notre première rencontre est celle d'un toucan que nous avons repéré au loin. La discrétion n'est pas son point fort, son grand bec multicolore saute aux yeux parmi le feuillage vert foncé. Suivant les conseils du gardien nous empruntons ensuite le sentier qui longe le haut des chutes d'eau. Drôle d'impression en haut de ces monstres d'eau au grondement incroyable. Ensuite nous prenons le chemin du bas d'où la vue sur les dizaines de chutes côtes à côtes est superbe. La chaleur humide est insupportable. Nous montons ensuite dans un bateau pour se rendre sur l'île "Grande San Martin" peuplée d'une horde de vautours noirs au long cou. A la fin du sentier qui fait le tour de l'île, nous surplombons la première grosse chute. Débit hallucinant. Les embrunts projetés par la force de l'eau forment un épais nuage zébré d'un superbe arc-en-ciel. Nous prenons ensuite le petit train qui traverse le parc. Ce dernier nous conduit à la passerelle qui permet d'accéder à la Gorge du Diable (Gargantua del diablo), une chute des plus impressionantes. Un fleuve immense dont toutes les eaux convergent vers ce trou de 80 mètres de profondeur dans lequel elles se jettent dans un grondement digne des enfers. Encore une fois nous avons de la chance, il est l'heure de manger pour tous les touristes venus  ici en tour organisé. Nous apprécions ce moment seuls. Impression intraduisible. Vision étrange, des centaines d'hirondelles virevoltent dans le nuage d'embrunts. Bref un spectacle inoubliable de la force de la nature. Nous rentrons comblés et trempés de sueur d'une journée formidable.

     Ce soir là nous partons en quête de viande pour un bon asado réparateur. Nous sommes dimanche et nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée là. L'odeur de viande grillée et la fumée des dizaines d'asados envahissent la ville. L'Argentine a sans doute la meilleur viande du monde et le barbecue en famille est une coutume, tous les dimanches c'est le même spectacle. Nous accélérons le pas pour être nous aussi  de la fête.

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30 novembre 2007

L'ATTAQUE DES FOURMIS DÉCOUPEUSES.

     Après un succulent repas composé de viande grillée au feu de bois, accompagnée de ses pommes de terre, d'oignons roussis dans la braise et de sa salade parfumée de citron, nous nous préparons à une bonne nuit de sommeil. Comme tous les soirs à cette latitude, nous laissons nos chaussures et chaussettes nauséabondes après une journée de marche dans la chaleur en dehors de la tente.

    Tout était calme dans ce petit camping, les étoiles brillaient comme toutes les nuits depuis notre arrivée, la vie s'était petit à petit arrêter pour sombrer dans le sommeil et le calme nocturne installé. Même les cigalles au chant strident s'étaient lassées pour elles aussi sombrer. Comme toutes les nuits, il est impossible pour Audrey de ne pas ressentir le besoin de soulager une envie naturelle à côté de la tente. Mais cette nuit-là, la nuit du trente novembre au premier décembre 2007, les choses n'allaient pas se dérouler comme à l'habitude.

     Le bruit de la fermeture éclair de la moustiquaire me tire du sommeil. Je me tourne pour aperçevoir Audrey s'apprêtant à sortir de la tente. Mais quelque chose la pousse à refermer aussitôt la moustiquaire en criant un "Oh!" violent. Que se passe-t-il dehors qui puisse l'effrayer au point de ne pas sortir? Un chien peut-être - non, des fourmis! Quoi? Des fourmis? Je ne comprends pas, et dans un demi-sommeil je lui dit que ce n'est rien, des fourmis, ça n'as jamais mangé personne! Mais viens voir me dit elle. Bon allez. Effectivement une colonie entière de fourmis d'environs deux centimètres s'est jetée à l'attaque de nos chaussures et de nos chaussettes. Bilan des opérations le lendemain, une paire de chaussettes mitée de trous, des claquettes qui ne tarderont pas à rendre l'âme suite à cette attaque incensée et la moustiquaire, rempart infranchissable pour les moustiques qui désormais est parsemée de trous dont un de cinq centimètres de long. Nous porterons donc à jamais avec nous les cicatrices de cette attaque nocturne.

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